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L’armistice du 26 janvier 1871

Par le colonel Bieuville

A l’occasion du 90ee anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, le musée de l’Armée a organisé, en partenariat avec l’Université permanente de la ville de Paris, un cycle de conférences autour des suspensions d’armes ou armistices les plus importants de l’histoire moderne ou contemporaine de la France. Dans cette émission, Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de la communication du colonel Bieuville sur l’armistice du 26 janvier 1871. Un armistice douloureux qui met fin à la guerre franco-allemande.


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Oublié par la suite, l’armistice du 26 janvier 1871 conclut un épisode resté douloureux dans la mémoire collective française, la guerre franco-allemande de 1870. Revenons sur les faits.

Piégé par Bismarck, Napoléon III déclare finalement la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les français sont vite battus dans plusieurs batailles. Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur est obligé de se rendre avec plus de 100 000 soldats, 400 canons et 6000 chevaux. Cela entraîne, à Paris, deux jours plus tard la chute du régime impérial et la création d'un gouvernement de défense nationale. Celui-ci décide de poursuivre la guerre. On assiste alors à un enchaînement de défaites françaises, à l’Ouest, au Nord et à l’Est.

En janvier 1871, le manque de vivres, le bombardement quotidien et la succession des échecs militaires provoquent une agitation croissante de la population parisienne qui fait craindre au gouvernement provisoire une prochaine révolte. Celui-ci décide donc de cesser au plus vite les hostilités.

Le 23 janvier Jules Favre, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de la Défense nationale, rencontre le chancelier allemand Bismarck à Versailles en vue d’un armistice. Les exigences allemandes sont importantes. Sur le plan politique, les allemands refusent de négocier avec un gouvernement « révolutionnaire ». Bismarck ne veut signer un traité de paix qu’avec une assemblée élue. Aussi réclame-t-il des élections pour la formation d'une assemblée devant ratifier la paix. Sur le front, les forts entourant la capitale doivent être livrés au vainqueur et les soldats défendant Paris doivent être désarmés. Les allemands se réservent également le droit d’entrer dans Paris, qui vient de subir plus de quatre mois de siège. Ultime humiliation, la ville doit verser un tribut de vingt millions de francs. Voici les principaux points de l’armistice prévu pour une durée de trois semaines, délais fixé pour les négociations des préliminaires de paix.

Jules Favre arrive toutefois à obtenir quelques concessions. L'équivalent d'une division militaire est autorisé pour maintenir l'ordre. La Garde nationale n'est pas désarmée. L'entrée des allemands dans la capitale est repoussée au début mars. En revanche, Jules Favre ne se soucie guère de l'armée de l'Est. N'étant pas comprise dans l'armistice, elle est attaquée par surprise et subit(...)


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