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Sur l’air des lampions

Une allusion historique, par Jean-Claude Bologne

"On va gagner" ou bien "On est les champions" : l’air des lampions, ce n’est pas chanter un air mais scander d’une manière particulière. Ecoutez les explications de l’historien Jean-Claude Bologne qui rappelle l’origine de cette allusion.


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Aux Jeux olympiques 2008 à Pékin, un athlète est acclamé sur l’air des lampions. Tout le monde comprend que son nom a été scandé par une foule surexcitée. Mais pourquoi cette allusion à une grosse lampe (lampione en italien) surtout utilisée pour des décorations festives ? L’expression trouve son origine dans les émeutes qui ont conduit à la révolution de 1848.

Les républicains organisaient alors de grands banquets pour contourner l’interdiction de réunion politique. Le 22 février 1848, un de ces banquets ne reçoit pas l’autorisation officielle, ce qui déclenche dès le lendemain des manifestations d’étudiants et d’ouvriers. Un coup de feu malencontreux fait se dresser les barricades et oblige Louis-Philippe à abdiquer. L’Éducation sentimentale de Flaubert relate ces événements dans une scène demeurée célèbre. C’est lors des émeutes du 23, dans la soirée, que le cri aurait été lancé par les manifestants, pour exiger que les occupants des appartements illuminent leurs fenêtres en allumant des lampions. S’agissait-il de pallier l’éclairage déficient ou de manifester leur soutien aux revendications ? Les fenêtres qui ne s’éclairent pas sont brisées à coups de cailloux.

Une scansion sur trois syllabes

L’air des lampions n’est donc pas un air, mais une scansion qui accentue une syllabe sur deux, la première et la dernière portant systématiquement un accent tonique. Il exige donc un nombre impair de syllabes, trois au minimum, comme dans le cri poussé à l’origine : « des lampions ». Lorsque la formule a un nombre pair de syllabes, ou se décompose en un nombre pair et impair de syllabes, les deux premières sont accentuées : « On va gagner », « On est les champions ». C’est le rythme naturel de la scansion binaire, et les slogans à trois syllabes sont symptomatiquement les plus nombreux sur l’air des lampions.

Poléon, poléon

Dans les attestations les plus anciennes de l’expression, en 1848, le peuple descendu sur les boulevards pour réclamer Poléon (Napoléon) ou les ouvriers scandant « nous rest’rons » avaient spontanément compris le principe : le choix du prénom abrégé pour le premier, l’aphérèse pour le second marquent bien le(...)


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