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Luc Ferry : les dangers du "principe de précaution"

Regard critique du philosophe

C’est en Allemagne dans les années 70 que la notion de principe de précaution « Versorgeprinzip » est apparu. Il s’agissait alors de « prendre ses précautions » au sens d’économiser la planète, de prendre en compte l’avenir, de ne pas user les richesses naturelles. Ecoutez la communication de Luc Ferry. Il intervenait en septembre 2008 lors d’un colloque sur les OGM à l’Académie des sciences.


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En France, l’appropriation du terme a fait surface au moment de la crise de la vache folle, mais avec une toute autre signification : celui du « risque zéro ».

Pourquoi ce glissement de sens ?
Selon Luc Ferry, nous assistons depuis une vingtaine d’années à une prolifération des peurs dans notre société : peur du sexe, du tabac, de l’alcool, de la vitesse, des poulets, de la délocalisation, de la Turquie, des OGM, de l’effet de serre… Chaque année, cette liste augmente.
Là où réside la nouveauté, c’est la déculpabilisation de la peur.
La peur n’est plus présentée comme une peur honteuse, infantile, elle est présentée comme le premier pas de la sagesse.

Pourquoi cette déculpabilisation de la peur ?
Le XXe siècle fut un siècle de déconstruction des valeurs « traditionnelles ». Sans tomber dans le registre du « c’était mieux avant », Luc Ferry énumère quelques grands changements :
Nous avons déconstruit la tonalité en musique, la figuration en peinture, les règles traditionnelles du roman (Joyce et le nouveau roman à la française), déconstruit les figures traditionnelles du surmoi (ce qu’on appelait la morale bourgeoise)…
Au final, nous nous retrouvons dans une situation de flottement encore inédite jusqu’alors.

Cela s’est fait au travers de deux porte-drapeaux très puissants, dit Luc Ferry : la bohême et l’avant-garde.

La bohême apparaît pour la première fois dans l’histoire, dans le livre d’Henry Murger en 1848, avec son ouvrage Les scènes de la vie de bohême. Ce livre raconte la vie de jeunes gens se livrant à la déconstruction et se révoltant contre les autorités, notamment en matière d’art. Ils se donneront des noms qui resteront dans notre langage courant :
- les je-m'en-foutistes
- les fumistes
- les hydropathes
- les hirsutes
- les incohérents

Pourquoi le XXe siècle est-il celui de la déconstruction des valeurs traditionnelles ?
Derrière la déconstruction qui fut l’œuvre des bohêmes (Henry Murger, mais aussi le Bateau-Lavoir de Picasso, le dadaïsme, le surréalisme, mai 68…), il y a la mondialisation libérale.(...)


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