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7 novembre 1917 : l’insurrection bolchevique


Dans « 7 novembre 1917 » Alain Besançon, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, revient sur la réalité de la prise du pouvoir par Lénine.


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Longtemps occultée par la critique, la réalité du léninisme apparaît de plus en plus clairement à nos contemporains, même si les archives de l'ex-URSS ne sont pas encore accesibles dans leur totalité. Alain Besançon, auteur notamment des "Origines intellectuelles du léninisme", paru en 1977 chez Calmann-Lévy, montre, à travers l'analyse du coup d'Etat du 7 novembre 1917, ce que fut réellement le rôle de Lénine et de son idéologie.

Alain Besançon par lui même

Par formation et tournure d'esprit, je suis historien. Devant le réel, je me demande : "Comment un tel événement est-il venu à l'existence ? Quelle signification lui donner parmi les autres ?"
La question appelle en principe une réponse infinie. Chaque événement tient à tous les autres depuis le déluge et au-delà; notre découpage du réel, notre décision de tenir tel événement ou tel fait pour important, notre simple capacité de le percevoir, sont aussi relatifs à l'histoire, en font partie. Le questionnaire et la conscience historiques mutent au cours du temps comme l'image au fond du kaléidoscope.
Cela n'empèche nullement l'histoire d'être une discipline rationnelle car on arrive, si l'on s'y prend bien, à une certaine intelligibilité par les causes, ni une discipline cumulative, car si l'enquête varie dans ses buts, ses méthodes, ses curiosités, ses résultats demeurent et sont réutilisables pour une autre enquête; ainsi le savoir historique s’enrichit. Il devient donc un art plutôt qu’une science et, finalement, une culture.
Tel est du moins l'idéal, que je suis loin d'avoir atteint. Mon sort est d'être tombé sur un sujet difficile qui m’a retenu pendant beaucoup d'années. L'histoire de la Russie, quand je m'y suis attelé, n'était guère plus documentée que l'histoire de l'Antiquité, et, de plus, elle était l'objet d'interprétations furieusement opposées. Elle était un enjeu de l'histoire mondiale.
Elle était aussi le siège de phénomènes si nouveaux, si inquiétants, que ses témoins étaient obligés, pour les saisir, de quitter le seul point de vue de l'explication historique et de recourir au point de vue philosophique et théologique. Je les ai suivis. Au moins ai-je compris que la culture historique, en se développant, doit empiéter, du moins dans certains cas et dans certaines situations, sur le domaine(...)


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