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Le Franqus, dictionnaire du français québécois standard

avec Mireille Elchacar et Jean Pruvost, lexicographes

Mireille Elchacar, lexicographe dans l’équipe du dictionnaire Franqus est ici l’invitée de notre chroniqueur Jean Pruvost, professeur de l’Université de Cergy-Pontoise, directeur des dictionnaires Bordas, et, comme il faut s’y attendre, ils évoquent ensemble un nouveau dictionnaire, très attendu au Québec : le Franqus ! Découvrez ici son originalité.


Le Dictionnaire du français standard du Québec, le Franqus, est né en 2001 à l’initiative de Pierre Martel et d’Hélène Cajolet-Lagagnière, qui assure la direction linguistique de ce dictionnaire, avec Chantal Edith Masson qui assume la direction informatique de cet ouvrage ambitieux. Dans l’équipe, on repère également le grand professeur Louis Mercier, spécialiste de la description linguistique de la faune et de la flore, et bien sûr, Jean-Claude Boulanger, qui fut l’auteur du Dictionnaire québécois d’aujourd’hui.

Pourquoi un dictionnaire pour les Québécois ?

La volonté de se doter d’un dictionnaire général du français dont le public-cible serait québécois s’explique par les grandes différences entre les variétés européennes et américaines des français, et plus précisément, par la variété québécoise de français et la variété française (parisienne), traditionnellement décrite dans les dictionnaires usuels disponibles sur le marché.

Les particularités lexicales du français québécois par rapport au français de France touchent évidemment la langue générale. Pensons par exemple aux mots vieillis à Paris mais bien vivants au Québec (limonade pour citronnade, présentement) ou au rapport très particulier des Québécois confrontés aux anglicismes, qui les amène à utiliser traversier plutôt que ferry ou casse-tête au lieu de puzzle. Certains pans de vocabulaire contiennent, par nature, plus de particularismes : ce sont ceux qui dénomment des réalités nord-américaines. Le vocabulaire de la faune et de la flore, par exemple, regorge de mots désignant des animaux ou des plantes propres au continent américain (orignal, touladi, bleuet). Le régime politique du Canada n’étant pas calqué sur le régime politique français, ses noms de fonctions et d’institutions sont parfois propres à la monarchie parlementaire (gouverneur général) ou au fédéralisme canadien (bicamérisme). Tous ces mots qui servent à dénommer les réalités nord-américaines, qui illustrent la manière dont s’expriment les Québécois sont souvent absents des dictionnaires hexagonaux. Il serait déraisonnable de demander à un dictionnaire à la nomenclature d’environ 50 000 à 60 000 mots de convenir de manière aussi(...)


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