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Chaalis, abbaye cistersienne avec Alain Erlande-Brandenburg

Des ruines du XII-XIVe siècles sauvées par Nélie Jacquemart
L’abbaye de Chaalis fut fondée en 1137, à la fin du règne de Louis VI, qui souhaitait commémorer la mémoire de son cousin Charles de Flandres, sur le territoire du domaine royal, non loin de Senlis. Les moines venaient alors de Pontigny (Yonne), deuxième fille de Cîteaux, elle-même remontant à 1114 : avec ces fondations, effectuées du vivant même de saint Bernard, nous remontons aux origines de l’ordre cistercien, comme l’explique Alain Erlande-Brandenburg, ancien conservateur général honoraire du patrimoine et ancien directeur des Archives de France.


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Émission proposée par : Annie Regond
Référence : carr348
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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida3166-Chaalis-abbaye-cistersienne-avec-Alain-Erlande-Brandenburg.html
Date de mise en ligne : 14 août 2008
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Avant même l’édification de leur lieu de culte et de leur demeure, les religieux entreprirent les aménagements hydrauliques indispensables à la vie quotidienne : le cours d’eau domestiqué servait l’alimentation, à l’hygiène, à la constitution d’un vivier. L’église, consacrée en 1219, avec ses vastes dimensions ( 82 mètres de longueur et 40 mètres de largeur) était un des monuments gothiques les plus intéressants de l’Ile-de-France : il présentait en effet un chœur triconque.

Ruines de l'église abbatiale et chapelle
Ruines de l’église abbatiale et chapelle

Malheureusement de cet ensemble médiéval, peu d’éléments témoignent aujourd’hui de l’ancienne splendeur de l’abbaye : passée sous le régime de la commende, elle vit ses ancien bâtiments monastiques remplacés par des corps de logis à l’architecture certes élégante, mais se différenciant assez peu de l’architecture profane. Pendant la Révolution, la vente en tant que Bien National épargna ces bâtiments, mais eut pour l’église les plus néfastes conséquences : elle se présente aujourd’hui sous forme de ruines, imposantes et pittoresques, mais permettant assez mal d’imaginer son apparence originelle. Seule demeure la chapelle de l’Abbé.

En 1902, Nélie Jacquemart acquit l’ensemble qu’elle légua à l’Institut de France en même temps que ses collections, dont une partie s’y trouve exposée.

Autoportrait, 1880, musée Jacquemart-André
Autoportrait, 1880, musée Jacquemart-André

Les historiens ne sont pas restés inactifs, même si l’on peut regretter qu’aucune monographie complète ne soit disponible à ce à jour sur Chaalis depuis celle de Lefèvre-Pontalis : François Blary a publié le résultat de ses travaux de recherches : Le domaine de Chaalis XIIe-XIVe siècle : approches archéologiques des établissements agricoles et industriels d’une abbaye cistercienne, Paris, C.T.H.S., 1989. Cet auteur fait apparaître que dès 1204 le réseau des granges monastiques était constitué : l’une de ces granges jouxtait le monastère, et 17 autres étaient réparties sur un vaste territoire comportant aussi forêts, bois, carrière, habitations, et des installations permettant une véritable industrie tuillière, avec une cheminée de four dont les vestiges existent encore. Un vivier et une pêcherie appartenaient à un système hydraulique très élaboré.

Portrait du cardinal Hippolyte d'Este, 1539, Biblioteca Comunale Ariostea, Ferrare.
Portrait du cardinal Hippolyte d’Este, 1539, Biblioteca Comunale Ariostea, Ferrare.

Plus récemment, la restauration du décor peint par Primatice (1504-1570) dans la chapelle abbatiale heureusement préservée révéla un aspect encore caché du goût raffiné du cardinal Hippolyte d’Este (1509-1572) goût déjà bien connu grâce, entre autres, à l’hôtel du Grand-Ferrare commandé à Serlio (1475-1554). L’Annonciation, attribuée dès 1859 par Frédéric Reiset au bolonais, après nettoyage, offre aux visiteurs un admirable spectacle où la lumière, les drapés et les modelés semblent mis au service d’une ferveur que l’on ne soupçonnait pas chez le prélat mondain ni chez le peintre de la cour de François 1er. Cet ensemble a fait l’objet d’une publication dirigée par Jean-Pierre Babelon Primatice à Chaalis, Paris, Nicolas Chaudin, 2007, où les aspects historiques, iconographiques et techniques sont exposés avec l’appui d’excellents clichés.

Bibliographie complémentaire :

Sur l’architecture cistercienne :
- Marcel Aubert, L’architecture cistercienne en France, Paris, Vanoest, 1947
- Léon Pressouyre et Terryl N. Kinder, Saint Bernard et le monde cistercien, Paris, C.N.M.H.S., 1992
- Léon Pressouyre (sous la direction de), L’espace cistercien, Colloque de Fontfroide, Paris, CT.H.S., 1993.

Sur le décor de la chapelle abbatiale :
- Dominique Cordellier (sous la direction de), Primatice, Maître de Fontainebleau, Paris, R.M.N, 2004.
- Frédéric Reiset, Niccolo dell’Abate et les peintres de Fontainebleau, Gazette des Beaux-Arts, III, 1859, p. 193-209 et 266-277.






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