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La Revue des Deux Mondes : XXe-XXIe siècles, l’art et le sacré.

Le numéro du mois de mai 2008 présenté par Michel Crépu.

Michel Crépu, rédacteur en chef de la Revue des Deux Mondes, nous présente le numéro du mois de mai 2008 consacré à l’art et au sacré aux XXe et XXIe siècles.


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Éditorial de Michel Crépu.

La question du sacré, pour les Modernes que nous étions au temps du XXe siècle, passait pour une question nulle et non avenue. Le siècle de la table rase ne voyait pas d’un bon œil que l’on ramène sur le tapis ces vieilles lunes d’un autre âge. Nietzsche n’avait-il pas déclaré la « mort de Dieu » ? L’affaire semblait entendue. Or tout montre au contraire (ce sont des choses qu’on voit mieux une fois un peu éloigné des côtes) que cette affaire de la mort de Dieu signifie tout autre chose qu’un simple acte de décès. Mais quoi donc, alors ? L’exposition, qui se tient à Beaubourg du 7 mai au 11 août (1), se veut une forme de réponse à la question. Et peut-être aussi une autre façon d’entendre l’affirmation nietzschéenne. Une hypothèse de travail : on considère que l’aventure artistique du XXe siècle, celle qui va des dadaïstes à Bill Viola (n’ayons pas peur du raccourci) enregistre, au sens le plus physique du terme, un événement métaphysique de première importance. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’être humain se retrouve face à lui-même, privé de transcendance. Drôle de privation : traces, stigmates, échos, cris, vertiges, anathèmes et louanges : oui, Dieu est mort, oui s’ouvre le règne de ce que Max Weber appelle le « désenchantement du monde », mais oui aussi, ce nouveau règne est une aventure, l’expérience d’une dépossession, d’une forme radicale d’altérité. Ce qui semblait évident ne l’est plus : tremblement de terre, disparition du cadastre philosophique où l’on pouvait situer les concepts comme le Michelin indique les villages et les départementales.

Le mot « altérité » a beaucoup servi, ces derniers temps, il a nourri une vulgate de la fraternité républicaine parfaitement légitime. Mais ici, on touche à autre chose, de plus profond. Ce que Georges Bataille appelait d’un mot très simple : l’impossible. L’impossible, c’est ce qui échappe aux prises (religieuses, philosophiques) et qui constitue en même temps une sorte de centre de gravité dans cette drôle de chose qui s’appelle la condition humaine. Qu’est-ce qui se passe quand cet impossible ne peut plus porter le nom d’un dieu ? Ni Dyonisos, ni Jésus-Christ ? Un Autre sans nom ? Le(...)


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