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Le voyage en Amérique de Pierre Schoendoerffer

Flash-back sur les débuts du cinéaste (1928-2012), membre de l’Académie des beaux-arts, invité de Marianne Durand-Lacaze

Entre la Guerre d’Indochine et son retour en France en 1955, Pierre Schoendoerffer s’est offert « un tiers » de tour du monde durant lequel sa détermination à faire, un jour, du cinéma, s’est maintenue. Après l’expérience des combats, caméra sur l’épaule et l’enfer de Diên Biên Phu, il retourne à la vie civile en faisant au gré de son voyage de fabuleuses rencontres : témoignage sur ses années d’insouciance pendant lesquelles il découvre une Amérique qui lui paraît familière grâce au cinéma américain dont il était un spectateur boulimique, bien avant de poser un pied sur le fameux continent.


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Pierre Schoendoerffer s'est engagé en 1952 dans la guerre d'Indochine comme cameraman dans le Service cinématographique des Armées. A l'âge de 23 ans, il a en tête de faire du cinéma et participe aux opérations. Témoin de la capitulation française, blessé et fait prisonnier à Diên Biên Phu, l’expérience de la guerre marque l’univers cinématographique du future cinéaste.
Démobilisé, il reste un temps au Viêt-Nam et entame un tour du monde. Hong-Kong, Taïwan, Le Japon, les îles Hawaï et enfin les Etats-Unis découverts par la côte ouest, constituent les escales de ce long périple qui s’achèvera à New-York, avant de rejoindre la France, en juillet 1955. Reporter photo pour Life et d’autres magazines, vivant de peu, Pierre Schoendoerffer rencontre alors Kurosawa au Japon et travaille aux États-Unis dans le cinéma dès que l’occasion se présente.

Durant cette année d'auto-formation et de débrouillardise, au sortir de la guerre, Pierre Schoendoerffer fait des rencontres déterminantes sur les deux rives du Pacifique, avec Joseph Kessel, l’empereur Bao Daï, Kurosawa et avec le monde des studios américains de Burbank.

Ce voyage autour d'un Pacifique meurtri par la Seconde Guerre mondiale, la Guerre Froide et la guerre d'Indochine a-t-il été initiatique pour le jeune français cinéaste qu'il était ? Ce n'est qu'à partir de 1956 qu'il se consacra à l'écriture cinématographique.



Il évoque dans cet entretien, ses préférences dans la littérature américaine, son approche du monde américain et des Américains. Dans ses propos discrets, on sent l’émotion qu'il eut à « vivre » aux États-Unis où il débarqua, pour la première fois, à San Francisco et non à New-York. Il évoque la figure de l'écrivain Jack London, justement, né à San Francisco. Un écrivain, comme lui un peu autodidacte en son domaine, qui, comme lui, a fait son éducation par les livres, qui, comme lui, montra une attirance certaine pour la mer et qui naquit et grandit à San Francisco. On peut rêver du dialogue possible, secret et imaginaire à travers le temps, entre ces deux Loups des Mers…

Qui de la littérature ou du cinéma américain, a nourri l’imaginaire de Pierre Schoendoerffer ? Herman Melville, autre figure de géant du roman américain, l'auteur en 1851 du fameux livre Moby Dick reste également une référence du(...)


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