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Energies du futur : les choix et les pièges
avec Bernard Tissot, membre de l’Académie des sciences
On estime que les réserves de charbon s’épuiseront d’ici 200 ans, celles de gaz naturel dans 100 ans et que nous viendront à bout de notre pétrole en 2050… Parallèlement l’inquiétante augmentation d’émission de gaz à effet responsable du réchauffement climatique nous pousse vers l’exploitation de nouvelles sources énergétiques « vertes ». Bois de chauffage, géothermie, ou encore hydrogène. Bernard Tissot nous donne les détails de nos nouvelles énergies du futur.
Il semble à première vue que l’épuisement des ressources fossiles nous pousse irrémédiablement à devenir plus écologiques. Mais cette embellie ne semble pas pour tout de suite ! La Chine, les Etats-Unis et même l’Allemagne construisent en effet actuellement des centrales à charbon.
Pourquoi ?
Si cette ressource fait partie des énergies fossiles épuisables, elle demeure encore en bonne quantité sous nos pieds. Par ailleurs, les cartographies répertoriant les mines de charbon sont assez inexplicablement peu tenues à jour. On mise donc sur la découverte de nouveaux gisements… On estime l’épuisement de cette ressource d’ici 200 ans, mais ceci dépend tout à la fois de notre consommation et des découvertes ou non d’autres mines.
Ajoutons à cela que le charbon est l’énergie qui émet le plus de CO2 dans l’atmosphère, soit le plus d’émissions de gaz à effet de serre… Finalement, les bouleversements climatiques et la pollution semblent bien loin des considérations politiques et économiques…
Pour remédier à cette inquiétante teneur de CO2 toujours grandissante dans l’atmosphère, de grandes firmes pétrolières réalisent actuellement des essais de capture de CO2 pour l’injecter sous terre. Pour obtenir des résultats, il faudrait d’ici 2050, en injecter entre 10 et 20 milliards de tonnes par an. Mais cette pratique reste très couteuse. Surtout, les précautions à prendre sont telles que les possibilités restent limitées : en effet le CO2 doit être injecté dans des lacs souterrains très profonds, aux parois non calcaires. Dans le cas inverse, le CO2 dissolvant cette roche provoquerait à terme d’immenses glissements de terrain.
Le gaz réinjecté sous terre pourrait-il redevenir carbone, et donc de nouveau source d’énergie ?
Non répondent les scientifiques, car sous terre serait injecté non seulement du CO2 mais aussi tous les autres gaz qui restent piégés dans l’atmosphère. Il est impossible de dissocier tous ses gaz pour les réinjecter séparément. Or pour faire du carbone, il faut du CO2 pure.
La meilleure solution semblerait-il, serait de diversifier nos énergies, et si possible, renouvelables et vertes(...)
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