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T’as mal où ?

Une chronique de Geneviève Guicheney

Notre capacité à souffrir est sans doute la preuve la plus solide de notre vitalité. Le champ de la médecine recouvre-t-il celui de la santé ? Si la maladie et son traitement répondent à des critères connus, évalués, enseignés, en revanche la relation de l’individu à son état pathologique est unique. Combien de fois ne s’est-on interrogé sur la surconsommation/surprescription de psychotropes en France ? La question de la santé s’avère complexe. Le programme destiné aux collégiens est-il approprié ? Voici quelques unes des questions que pose Geneviève Guicheney dans cette chronique.


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Notre capacité à souffrir est sans doute la preuve la plus solide de notre vitalité. Cesser de souffrir veut dire que nous nous sentons mieux ou, par euphémisme, que nous avons cessé de vivre. L’être humain dispose de la parole et de son corps pour exprimer émotion, contrariété et désarroi. Un médecin recevant un jour un de ses patients qu’il interrogeait sur la raison de sa visite s’est entendu répondre : « Ah, docteur, mon mal ne sait point où se jeter. » On ne peut mieux exprimer la souffrance dont le siège est sans importance au regard de ce qui la cause. Que prescrire à un malade aussi approximatif ? Car il s’agit malgré tout de le soigner, de le soulager de sa souffrance.

Le champ de la médecine recouvre-t-il celui de la santé ? Qu’est-ce que la santé ? Pour nous éclairer nous avons regardé ce qu’en dit l’Organisation mondiale de la santé. « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. » Cette définition est celle du préambule de 1946 à la Constitution de l'organisation. Elle n'a pas été modifiée depuis. Elle implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu'ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels et du stade de l'embryon, voire des gamètes à celui de la personne âgée.
Parler de complet bien-être est placer la barre très haut. On y voit aussi que la santé n’est pas seulement l’absence de maladie. En d’autres termes la santé ne relèverait pas seulement de la compétence des médecins. Et la définition choisie par l’OMS décrit un idéal, un objectif vers lequel il faut tendre.

René Dubos, agronome et écologiste, apporte une dose de relativité en décrivant la santé comme un « état physique et mental relativement exempt de gênes et de souffrances qui permet à l'individu de fonctionner aussi longtemps que possible dans le milieu où le hasard ou le choix l'ont placé ».
La relativité est aussi dans la définition de l’OMS. Parler de « complet bien-être » suppose une évaluation et une appréciation. Evaluation quant à la complétude, appréciation sur ce qu’est le bien-être. Qui en décide ? « Et s’il me plaît à moi d’être battue !(...)


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