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Eros sous voile

Un voile pudique pour l’érotisme littéraire, par Bertrand Galimard Flavigny

Exposition, publications, ventes publiques, catalogues de libraire, tout contribue à nous plonger dans les délices ou… l’enfer. Notre bibliologue se souvient de quelques ouvrages érotiques que s’arrachent les bibliophiles !


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L’érotisme serait-il l’envers du miroir policé dans lequel nous nous reflétons ? Le traverser, comme dans l’image du Sang d’un poète de Jean Cocteau, nous permet de pénétrer dans un monde différent dans lequel les interdits sont abolis. Et si nous étions, au contraire placés du côté de l’envers de ce miroir, en fait sans tain, et que nous contemplions avec envie le monde policé ? Tout est permis dans le monde érotique, et si cela va un peu trop loin, nous disposons d’un mot pour classifier les excès : pornographie. Dans le monde policé, en revanche, le moindre souffle de vent qui soulève un voile et laisse entrevoir ce que l’on n’oserait voir, nous comble d’aise. Voile ! le mot est lâché, nous n‘aimons tant l’érotisme que s’il s’avance ainsi vêtu d’un linge, d’un vêtement suffisamment léger afin qu’il laisse deviner les formes et les mouvements que nous convoitons.

Avouons-le sans fausse honte, l’érotisme a depuis fort longtemps brisé les psychés à coups de flèches et nous habite entièrement. Tenez ! considérez nos aïeux, les dieux de la mythologie grecque et romaine, ils se tenaient fort mal. Cela nous le savions et notre bas-monde semblerait presque sage à côté de leur vie si dissolue. Toutes les turpitudes y passaient ; inceste, homosexualité, saphisme, adultères, viols, pratiques sexuelles cruelles, étaient commises en toute liberté, tant par les dieux et les déesses de l’Olympe, que par toutes les nymphes, naïades et autres hamadryades, sans compter les héros et héroïnes des épopées de l’Iliade, de l’Odyssée ou de l’Enéide. Zeus n’arrêtait pas de courir après les nymphes, les déesses et les autres, ce qui rendait Junon folle furieuse de jalousie. Souvenons-nous de Léda et Europe qui furent séduites par Zeus qui avait pris, pour la circonstance la forme d’un cygne puis d’un taureau. Tous les coups étaient permis afin de parvenir à ses fins. Et tout ceci se déroulait dans une joyeuse bacchanale qui fut largement relayée par les meilleurs auteurs antiques. Ils disposaient en guise d’illustration de superbes statues en marbre exaltant la beauté des corps et de vases dont les décoration ne dissimulaient rien la manière dont les hommes célébraient les actes d’amour dans toutes les manières et les positions.




La sainte Eglise qui, dès l’origine, jeta un voile(...)


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