|
|
PAG397
Quelques lettres de voeux de personnages célèbres
par Bertrand Galimard Flavigny "le bibliologue"
Déjà au milieu du XVIIIème siècle, l’usage des lettres de bonne année était entré dans les moeurs. "C’est un devoir à remplir", écrivait Louis Philippon de la Madelaine dans ses conseils à l’intention de la jeunesse. En relatant l’histoire des voeux, notre bibliologue ne manque pas à la tradition et nous réjouit en citant quelques lettres d’auteurs célèbres !
« L’usage de donner des étrennes lorsque l’année se renouvelle et de s'adresser réciproquement des vœux de santé, de bonheur, de longue vie, remonte à la plus haute antiquité. Ce n’est pas ici le lieu d'en rechercher l’origine ; il existe de nombreuses dissertations sur ce sujet, et quand on les a lues, on n'est pas plus avancé qu'auparavant, pour écrire des lettres de bonne année à ceux envers lesquels c'est un devoir à remplir », écrivait Louis Philipon de la Madelaine (1734-1818), auteur d’un Manuel épistolaire à l’usage de la jeunesse, dont la première édition date de 1804 et la quinzième et dernière de 1843.
Le long sous-titre « ou instructions générales et particulières sur les divers genres de correspondance, suivies d’exemples puisés dans nos meilleurs écrivains », donne déjà le ton du livre qui n’avait rien de commun, affirmait son auteur, avec Le Secrétaire de la cour, l’Art de la correspondance, la Rhétorique épistolaire, etc. Il reprochait à leurs auteurs de se donner eux-mêmes comme modèle, alors que lui avait demandé à madame de Sévigné, La Motte, Bussy-Rabutin, Rousseau, Voltaire, le cardinal de Bernis, de donner « la leçon et l’exemple du style ». Parmi les seize sections qui partagent les pages de son livre, quelques unes sont donc consacrées aux lettres de bonne année.
Mais plus un sujet pareil est usé, plus il est difficile de le traiter ; on a épuisé tout qui peut se dire en ce genre, poursuit Philipon de La Madelaine (…) Dans une lettre de bonne année, l’enfant exprime aux auteurs de son être son tendre attachement pour eux, son désir d'obtenir la continuation de leurs bontés, ses vœux ardens (sic) et sans cesse renouvelés pour leur conservation. Le protégé fait parler sa reconnaissance et ses souhaits empressés pour la prolongation des années d'un mortel à la vie duquel est attachée sa propre existence.
Si la lettre est de nature à prendre une teinte sérieuse, alors on porte sa pensée sur la rapidité du torrent qui nous entraîne vers cet océan des âges ou tout s'abîme sans retour ; on emprunte à la morale, à la philosophie, à la religion surtout, ces idées, soit fortes, soit consolantes, qui raidissent notre âme contre les coups de ce vieillard(...)
© Canal Académie - Tous droits réservés
|