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Essais de langue universelle ou de langage simplifié

Par le « bibliologue » Bertrand Galimard Flavigny

Notre bibliophile passe en revue toutes les tentatives de langue universelle, au fil des siècles, du latin à la méthode pour sourds et muets, en passant par les essais de Descartes, du père Marsenne, de l’Abbé de l’Epée et de Leibnitz. Et profitez-en pour découvrir ce que sont les "pasilalies" !


Les enfants des écoles vont retrouver enfin le ba.ba du français et se pencher dans la foulée sur l'anglais. Les hommes ont toujours cherché des moyens plus simples pour communiquer entre eux. Ah, si une langue universelle existait ! Mais Babel est passé par là. Apprendre une langue prend du temps, en créer une nouvelle aussi. Ce rêve relève de deux volontés, le secret ou l'universalité. Le latin peut encore passer pour être une langue universelle, au moins au Vatican et dans quelques corridors de la Sorbonne. Cette langue morte met du temps à mourir - heureusement. Car dès le XVIIe siècle, plusieurs philosophes, ne croyant plus à ses vertus, le mirent en doute et recherchèrent une langue universelle « propre à exprimer le vrai ».

Parmi ceux-là, l'humaniste morave, Comenius, de son vrai nom Jean Amos Komensky (1592-1670) fut l'un des premiers « à déplorer que l'étude scolaire du latin occupe dix années ou même toute une vie avec un avancement fort petit ». Il a exposé, dans son ouvrage intitulé Janua Linguarum reserata... imprimé à Amsterdam en 1649, sa méthode pratique. Celle-là reposait sur un système éducatif complet, de l'âge de 4 à 24 ans, fondé sur le pouvoir visuel et l'utilisation des images. Son principe, institué dans l'Orbis pictus, consistait à associer l'image au mot.
Dans son livre, le texte imprimé sur deux colonnes présente des petites phrases en français et en hollandais. Afin de faciliter la compréhension et distraire l'élève, chaque phrase est numérotée et illustrée par une ou plusieurs petites figures. Plus tard Comenius songea à une langue encore plus simplifiée. Nous la trouvons dans la traduction française de son second ouvrage, La Porte des Langues. Introduction nouvelle à la françoise et à la flamande, disposée en colonnes et expliquée par plusieurs figures, également imprimé à Amsterdam en 1686, pour Pierre Mortier. Nous en connaissons un exemplaire qui a été entièrement interfolié pour permettre à l'élève, ou au maître, de porter sur les feuillets blancs, la traduction latine ; ce qui a été fait pour plus du tiers de l'ouvrage. Lequel des deux s'est lassé le plus vite, avant de revenir au français ?

Descartes, lui aussi songeait à une langue universelle, comme son condisciple à La Flèche, le père(...)


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