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Réception de Dominique Fernandez sous la Coupole

Un nouvel immortel à l’Académie française

Le 13 décembre 2007, l’écrivain Dominique Fernandez était selon l’usage reçu sous la Coupole de l’Institut de France. Élu quelques mois auparavant, en mars 2007 à l’Académie française, au fauteuil de Jean Bernard, il prononça l’éloge de son prédécesseur, le médecin et romancier Jean Bernard. Son confrère Pierre-Jean Rémy lut en réponse, un discours qui présente le nouvel académicien, Dominique Fernandez. Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de cette séance solennelle.





Élu au fauteuil de Jean Bernard, Dominique Fernandez dresse, selon l'usage, le portrait de son prédécesseur qu'il eut comme professeur lors de ses années de lycée. A l'opposé de sa propre histoire familiale et du monde de la médecine, le nouvel académicien raconte les liens étroits de Jean Bernard avec les livres et l'écriture nous rappelant que «s'il avait choisi la médecine, c'est parce que, disait-il, un médecin moyen rend plus de services qu'un écrivain médiocre». Jean Bernard, médecin et passionné de littérature, eut la chance de fréquenter la librairie «Aux Amis des Livres», tenue par Adrienne Monnier qui avait collaboré à la traduction d'Ulysse de Joyce. Jean Bernard, interne en 1929, médecin en 1946, s'engagea dans la Résistance dès 1940. Arrêté en avril 1943 par la Gestapo, Il a été incarcéré à Fresnes pour fait de résistance pendant l'Occupation. La poésie le sauve de cet enfer. Les vers de Nerval et de Villon mais aussi les siens qu'il composait et apprenait par cœur car il n'avait rien pour les écrire, lui permirent de supporter la crainte des interrogatoires et l'appréhension de la torture.


Après la guerre, Professeur de cancérologie et des maladies du sang, il fut le premier à soigner des leucémies et à ouvrir à l'hôpital Saint-Louis un centre de recherche, ce qui était une nouveauté en France. Dominique Fernandez nous dit : «Supposons que Kafka eût écrit L'Île au trésor : soyons sûr que le trésor n'aurait jamais été trouvé. La supériorité du médecin est de surmonter le facile vertige du néant, de croire opiniâtrement à la réversibilité du destin; la supériorité de Jean Bernard est éclatante, en face de tous les prophètes du désastre. Il a guéri, il a sauvé des milliers de vies». Il a su faire de l'hématologie en France, l'une des meilleures écoles du monde. Pionnier, soucieux d'éthique, révolté par la mort des enfants, médecin humaniste, il présida le Comité consultatif national d'éthique, le premier au monde. Il a laissé une trentaine d'ouvrages principalement sur la médecine de son temps et du futur, sur la bio-éthique, mais aussi ses poèmes et Le jour où le temps s'est arrêté qu'il publia, en 1997, à quatre-vingt-dix ans.



Enfant, Dominique Fernandez, avait(...)


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