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Réception de Dominique Fernandez sous la Coupole

Un nouvel immortel à l’Académie française
Le 13 décembre 2007, l’écrivain Dominique Fernandez était selon l’usage reçu sous la Coupole de l’Institut de France. Élu quelques mois auparavant, en mars 2007 à l’Académie française, au fauteuil de Jean Bernard, il prononça l’éloge de son prédécesseur, le médecin et romancier Jean Bernard. Son confrère Pierre-Jean Rémy lut en réponse, un discours qui présente le nouvel académicien, Dominique Fernandez. Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de cette séance solennelle.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : COU308
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/cou308.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida2526-Reception-de-Dominique-Fernandez-sous-la-Coupole.html
Date de mise en ligne : 6 janvier 2008
Pierre-Jean Rémy et Dominique Fernandez, le 13 décembre 2007, dans la bibliothèque de l'Institut de France.
Pierre-Jean Rémy et Dominique Fernandez, le 13 décembre 2007, dans la bibliothèque de l’Institut de France.
© Brigitte Eymann/Académie française

Élu au fauteuil de Jean Bernard, Dominique Fernandez dresse, selon l’usage, le portrait de son prédécesseur qu’il eut comme professeur lors de ses années de lycée. A l’opposé de sa propre histoire familiale et du monde de la médecine, le nouvel académicien raconte les liens étroits de Jean Bernard avec les livres et l’écriture nous rappelant que « s’il avait choisi la médecine, c’est parce que, disait-il, un médecin moyen rend plus de services qu’un écrivain médiocre ». Jean Bernard, médecin et passionné de littérature, eut la chance de fréquenter la librairie « Aux Amis des Livres », tenue par Adrienne Monnier qui avait collaboré à la traduction d’Ulysse de Joyce. Jean Bernard, interne en 1929, médecin en 1946, s’engagea dans la Résistance dès 1940. Arrêté en avril 1943 par la Gestapo, Il a été incarcéré à Fresnes pour fait de résistance pendant l’Occupation. La poésie le sauve de cet enfer. Les vers de Nerval et de Villon mais aussi les siens qu’il composait et apprenait par cœur car il n’avait rien pour les écrire, lui permirent de supporter la crainte des interrogatoires et l’appréhension de la torture.

Jean Bernard de l'Académie française 1907-2006
Jean Bernard de l’Académie française 1907-2006

Après la guerre, Professeur de cancérologie et des maladies du sang, il fut le premier à soigner des leucémies et à ouvrir à l’hôpital Saint-Louis un centre de recherche, ce qui était une nouveauté en France. Dominique Fernandez nous dit : « Supposons que Kafka eût écrit L’Île au trésor : soyons sûr que le trésor n’aurait jamais été trouvé. La supériorité du médecin est de surmonter le facile vertige du néant, de croire opiniâtrement à la réversibilité du destin ; la supériorité de Jean Bernard est éclatante, en face de tous les prophètes du désastre. Il a guéri, il a sauvé des milliers de vies ». Il a su faire de l’hématologie en France, l’une des meilleures écoles du monde. Pionnier, soucieux d’éthique, révolté par la mort des enfants, médecin humaniste, il présida le Comité consultatif national d’éthique, le premier au monde. Il a laissé une trentaine d’ouvrages principalement sur la médecine de son temps et du futur, sur la bio-éthique, mais aussi ses poèmes et Le jour où le temps s’est arrêté qu’il publia, en 1997, à quatre-vingt-dix ans.

Dominique Fernandez de l'Académie française, le 13 décembre 2007, sous la Coupole de l'Institut de France.
Dominique Fernandez de l’Académie française, le 13 décembre 2007, sous la Coupole de l’Institut de France.
© Brigitte Eymann/Académie française

Enfant, Dominique Fernandez, avait François Mauriac pour parrain. Aujourd’hui, à l’Académie française, ses parrains sont : Florence Delay et Angelo Rinaldi. A 21 ans, il découvre l’Italie au cours d’un voyage d’études et décide de passer une agrégation d’italien. L’Italie devient sa vie. L’écriture de Cesare Pavese, son séjour à Pise, à Rome, à Naples, sa rencontre avec Diane de Margerie, princesse italienne font de l’Italie de sa jeunesse, le creuset de son écriture et de sa passion pour l’opéra. A partir de 1958, il publie chez Bernard Privat et mène à côté de sa carrière universitaire à Rennes, une vie d’écrivain centrée sur l’Italie du bel canto, des castrats mais aussi sur l’Italie des îles, sur Naples baroque, point de départ d’un voyage européen jusqu’à Saint-Pétersbourg, à travers les pages de la Perle et le Croissant, L’Europe baroque de Naples à Saint-Pétersbourg, publié en 1995. De la Méditerranée à la Baltique, Dominique Fernandez, a fait surgir le visage culturel d’une Europe baroque oubliée par les années de guerre froide. Pierre-Jean Rémy de l’Académie française, en ami et romancier, présente le parcours et l’œuvre de son confrère, le 13 décembre 2007, sous la Coupole.

Pour en savoir plus

- Dominique Fernandez de l’Académie française ;
- Pierre-Jean Rémy de l’Académie française ;
- Jean Bernard de l’Académie française ;
- Sur les discours Discours de Dominique Fernandez, Discours de Pierre-Jean Rémy.






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