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La vertu entre le libertinage et la Terreur

par Jean Tulard, de l’Académie des sciences morales et politiques

La vertu : tel était le thème de la journée d’étude organisée le 12 décembre 2007 à l’Académie des sciences morales et politiques à l’initiative du Centre de Recherches en Théorie générale du Droit. Plusieurs académiciens et juristes sont intervenus. Voici l’intervention de l’historien Jean Tulard, de l’Académie des sciences morales et politiques, qui évoque la vertu à l’époque révolutionnaire, bafouée par les libertins, encensée par Robespierre puis renversée par les fripons !


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Lorsque le libertinage triomphe, au XVIII ème siècle, lorsque Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803) rédige Les liaisons dangereuses, la vertu est bafouée ! Elle est d'abord négation de Dieu, discours athée, comme le souligne l'historien Jean Tulard qui cite un extrait du Justine de Sade et qui relate les heurs et malheurs du marquis : au début, le libertinage n'étant que mollement combattu, Sade n'est brûlé qu'en effigie et sort finalement de prison.
Puis vint le chantre de la vertu, Jean-Jacques Rousseau, dont la Nouvelle Héloïse peut être considérée comme l'anti-Justine.
Enfin, la Révolution libère les libertins, dont Sade, tandis que Mirabeau devient député aux Etats Généraux, et Laclos, conseiller du Duc d'Orléans.





Mais après ce vent de licence soufflant jusqu'en 1792, se dresse au nom de la vertu Robespierre. Irréprochable. Frugal. Incorruptible. Il a des idées. Des idées sur les rapports entre la vertu et la politique. Il veut combattre la corruption, les immoraux.
Pour Robespierre, il faut former le peuple par l'instruction et l'éducation, subordonner la politique à la morale, et donc tout fonder sur la vertu morale et l'Etre suprême. Robespierre exalte la vertu née en Grèce et à Rome qui est naturelle au peuple.
Alors sont frappés les débauchés et Sade retourne en prison, Laclos aussi ! Sans parler de Danton "dont l'existence insultait la vertu".
Alors sont fêtés les cendres de Rousseau et l'Etre suprême ! Tandis que les exécutions s'amplifient.
Aux yeux de Robespierre, la Terreur est nécessaire au bonheur. Elle trouve sa justification dans la vertu.

C'est ainsi, explique Jean Tulard,que la vertu, ou du moins ses excès, annonce les dictatures et les épurations. Elle sert d'alibi aux folies les plus atroces. Elle classe les bons et les mauvais et massacre ces derniers.




La vertu révolutionnaire fut renversée par les fripons le 9 Thermidor.
L'histoire n'est donc pas(...)


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