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René Girard, de l’Académie française : anthropologue de la violence et du religieux

Depuis 40 ans, il étudie le religieux archaïque. Il répond ici aux questions de Damien Le Guay

Pour sortir de la violence, encore faut-il la comprendre. René Girard, de l’Academie française, professeur émérite à l’université de Stanford où il fit l’essentiel de sa carrière, tente, de livres en livres, de répondre à cette question. Dans cet entretien, il s’explique tout à la fois sur son oeuvre et sur son dernier livre paru : Achever Clausewitz.


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René Girard, élu à l'Académie française en 2005, pense que le désir de l'homme est par nature mimétique se révélant quand il convoite le bien d'autrui.


Son oeuvre débute en 1961 avec Mensonge romantique et vérité romanesque. Là, il considère que la littérature revèle l'homme. En lisant les grands auteurs, Proust, Stendhal, il "lit" les mécanismes les plus intimes de l'individu. Puis, en 1972, dans La Violence et le sacré, il étudie le religieux et, en particulier, le religieux archaïque. Il met en évidence un invariant : le bouc émissaire. La violence du groupe, quand elle se développe, au risque de le détruire, tend à se résoudre quand, d'une manière arbitraire, est choisie une victime, désignée arbitrairement comme coupable. Le meurtre de ce "bouc émissaire" permet de ressouder le groupe, de l'unir de nouveau.

En 1978, dans Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard considère la nouveauté chrétienne. Le Christ est innocent. Et cette innocence elle-même rend inopérante les mécanismes anciens du "bouc émissaire".

René Girard vient de faire paraître Achever Clausewitz. Ce stratège prussien né en 1788 détestait Napoléon. Plutôt que de faire alliance avec la France il préfère s'embaucher dans l'armée du Tzar. Il meurt en 1831 laissant derrière lui son oeuvre-maitresse : De la guerre. Livre publié après sa mort.

René Girard prend au sérieux "la montée aux extrêmes" considérant que la violence, quand elle naît, tend à se développer. Il réfute l'analyse de Raymond Aron quand il insistait sur une autre formule de Clausewitz :"la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens". Aron croyait que la politique a le dernier mot, qu'elle peut, en dernier recours, maîtriser la violence. Girard, à rebours de cette vision, qu'il trouve trop "optimiste", met l'accent sur l'enchaînement de la violence quand elle est livrée à elle-même.



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