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ES307
Causes et prévention des dépendances neuro-cognitives
Par Bruno Dubois, professeur de médecine
Le professeur Bruno Dubois explique le fonctionnement de notre mémoire et la maladie d’Alzheimer en l’état actuel des connaissances médicales, devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques, le 19 novembre 2007.
"J’ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien". Qui ne s’est pas plaint de sa mémoire, quelque soit son âge. La plainte de mémoire est un phénomène banal et fréquent, bien plus fréquent que ne l’est la maladie d’Alzheimer. Pourtant nous sommes inquiets devant l’augmentation des maladies neuro-dégénératives. Comment guérir cette maladie ? Comment la prévenir ?
La maladie d'Alzheimer touche des centaines de milliers de personnes en France, âgées de plus de 65 ans, 850 000 personnes, selon le Professeur Dubois. Cette pathologie pose un véritable défi de santé publique, en raison des questions de dépendance qu'elle implique.
La plainte de mémoire relève le plus souvent de troubles de l'attention et non d'une maladie de la mémoire. Dans la maladie d'Alzheimer, l'atteinte précoce de l'hippocampe empêche de former de nouveaux souvenirs. En effet, c'est vers l’hippocampe que converge l’ensemble des informations pour être mises en mémoire. Mais les lésions de la maladie d'Alzheimer intéressent d'autres régions du cortex cérébral à l'origine des troubles du langage, de l'orientation spatiale, de la réalisation de certains gestes ou de la reconnaissance de visages pourtant familiers. La maladie d'Alzheimer est d'abord et avant tout une maladie du cerveau. La cause de la maladie reste pour l'instant inconnue. Elle n'est génétique que rarement (moins de 1%). Paradoxalement, «on peut espérer pouvoir ralentir, voire stopper, son évolution en bloquant la cascade biologique qui en découle». Des thérapeutiques innovantes, en cours d'étude, cherchent à bloquer la cascade biologique qui caractérise l'affection. On peut ainsi espérer, dans les années à venir, la mise au point de médicaments qui ralentissent le processus même de la maladie. En attendant, Bruno Dubois appelle à agir sur des facteurs associés qui permettent de retarder l'expression de la maladie et prône le développement des politiques de prévention.
L'enjeu de santé publique que représente cette affection est crucial. Selon les prévisions, 1,2 millions de personnes pourraient être atteints de la maladie d'Alzheimer en 2020.
Les Plans de santé concernant la maladie d'Alzheimer se succèdent depuis 6 ans. Le plan prévu pour 2008-2012 s'appuie sur les conclusions du rapport Ménard.
Pour en savoir plus
- Sur Bruno Dubois : Bruno Dubois est Professeur de Neurologie à l'Hôpital de la Salpêtrière, responsable de la clinique des Maladies Cognitives et Comportementales et du futur Institut Alzheimer de l'Assistance Publique dans cet hôpital. Il est aussi Directeur de l'Unité de Recherche Inserm U610 consacrée aux bases neurales des grandes fonctions du cerveau (mémoire, planification, comportement…) et(...)
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