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Figaro Hors-Série : Versailles retrouvé

La renaissance de la Galerie des Glaces

Vincent Tremolet de Villers et Isabelle Schmitz, membres de la rédaction des hors-séries du Figaro, partenaire de Canal Académie, nous présente le numéro exceptionnel consacré à Versailles et plus spécialement à la restauration de la Galerie des Glaces que le public peut à nouveau admirer depuis le 25 juin 2007.


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Editorial de Michel de Jaeghere.

Chateaubriand avait donné le ton. Evoquant en 1802 les fastes de la cour du grand roi, il avait cru pouvoir conclure que son palais était devenu le témoin muet d’un passé qui ne reviendrait pas : « Un siècle s’est à peine écoulé, et ces bosquets qui retentissaient du bruit des fêtes ne sont plus animés que par la voix de la cigale ou du rossignol. Ce palais, qui lui seul est comme une grande ville, ces escaliers de marbre qui semblent monter dans les nues, ces statues, ces bassins, ces bois sont maintenant croulants ou couverts de mousse, ou desséchés ou abattus... » A l’orée du XIXe siècle, la cause était entendue. Versailles ne serait plus qu’un thème littéraire, le prétexte de quelques vers sur la vanité des grandeurs humaines. « Les chars, les royales merveilles/Des gardes les nocturnes veilles/Tout a fui » avait écrit André Chénier dès 1793. Napoléon, lui-même, avait dû renoncer à faire sa résidence de ce palais inhabitable. Louis XIV avait vu trop grand, trop large pour un siècle étriqué qui n’aspirait plus qu’aux délices de la vie bourgeoise. Ce parc était voué à servir à la promenade des « honnêtes familles » qui viendraient en baillant y perdre leur dimanche (Musset). Ce « bâtiment sans fin, prolongé sans mesure, resté décapité» (Michelet) était passé de mode, avec son architecture de caserne. Les boiseries précieuses des appartements du Dauphin, les lambris des chambres de Mesdames paraissaient rococo. Les dorures des salons d’apparat semblaient ostentatoires. Nul ne serait jamais plus assez grand, assez mégalomane pour en faire le décor de la liturgie du pouvoir.

«(...)


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