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Pharmacogénétique : traiter un patient selon son patrimoine génétique pour limiter les dangers des médicaments

Avec Jean-Paul Tillement et Jean-Pierre Goullé

La pharmacogénétique est apparue il y a un demi-siècle : elle permet de prescrire des traitements sur mesure en fonction des profils génétiques des patients, réduisant ainsi les risques de toxicité et d’effets secondaires dus aux médicaments.


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Les médicaments, même lorsqu’ils sont prescrits selon les règles, sont une cause importante de morbidité et de mortalité. Dans une étude présentée devant l’Académie des sciences, le professeur Patrice Queneau a montré qu’environ 10 à 20% des malades admis dans un service de soins d’urgence l’étaient pour ce type d’accident. Au total, 410 produits ont pu être incriminés, dont le plus souvent les psychotropes, les diurétiques et les anticoagulants.




Plus de 99% du génome est commun à tous les humains. La fraction restante, bien qu’infime, est essentielle parce que les variations dans la séquence des acides nucléiques qu’elle comporte influencent la susceptibilité aux maladies, leur expression clinique et leur évolutivité et également la réponse aux médicaments, lorsque ces variations sont localisées dans des zones critiques.


Depuis une cinquantaine d'années, pour réduire les risques de mauvaises réception d'un médicament, la pharmacogénétique permet aux médecins de prescrire des traitements en fonction de la carte génétique du patient.
Cette méthode est actuellement utilisée pour la prescription d'anticancéreux, des traitements lourds que tous les organismes ne supportent pas.
Exemple : le 5-fluorouracil (5-FU), dérivé de l’uracile. Prescrit pour les cancers du sein et du colon, les malades à faible activité ne peuvent pas métaboliser le 5-FU ce qui provoque des phénomènes toxiques graves atteignant le système nerveux, la moelle osseuse et le tractus gastro-intestinal.

La pharmacogénétique est ausi valable pour les antivitamine K (anticoagulants) ainsi que certains psychotropes. Plus de 500.000 malades reçoivent en France des antivitamine K, dont 17.000 sont hospitalisés pour accident hémorragique ou thrombotique, ce qui représente 13% des hospitalisations pour accident iatrogène lié aux médicaments. Il serait certainement utile de baser la première prescription de Warfarine sur une analyse génétique.



À quel "CYP" appertenez-vous ?
On peut classer la population en plusieurs groupes, qui réagissent différemment aux médicaments.
Un polymorphisme génétique est décrit pour les CYP2D6, CYP2C9 et CYP2C19.(...)


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