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Le Vatican et l’Europe : de Benoît XV à Benoît XVI

avec Philippe Levillain, professeur à Nanterre

Dans le concert de louanges entourant les célébrations du cinquantième anniversaire du Traité de Rome (1957), une voix s’est élevée pour dresser un bilan très sévère du projet unificateur qui, pourtant, fut d’inspiration démocrate-chrétienne. Benoît XVI accusa effectivement l’Europe d’une "singulière forme d’apostasie", accusation grave dans la bouche d’un pape mais que son prédecesseur avait aussi utilisée en 2003.


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Philippe Levillain, professeur à Nanterre, spécialiste incontesté de l'histoire de l'Eglise, propose ici aux auditeurs de Canal Académie une réflexion sur les liens entre le Vatican et l'idée européenne.
Concept traditionnel pour l'Eglise catholique, remis en cause par les Traités de Westphalie en 1648, il fallut attendre le XXe siècle pour qu'il soit remis à l'honneur dès le pontificat de Benoît XV marqué par la Grande Guerre.
Assimilée à la laïcité, l'idée d'Europe fut reprise par les démocrates-chrétiens après la Seconde Guerre mondiale, avec le soutien de Pie XII qui fit sonner les cloches de Rome en 1957 à l'occasion du Traité, signé dans la capitale italienne.
Le Concile Vatican II avec Jean XXIII puis Paul VI marqua un tournant dans la politique du Saint-Siège, notamment vis à vis des pays sous domination soviétique. Jean-Paul II, de son côté, n'attendit pas la chute du communisme pour dénoncer la sécularisation de l'Europe occidentale et proposer une vision élargie de l'Europe chrétienne avec ses deux "poumons".
Dans les traces de ce dernier, le cardinal Ratzinger, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, devenu depuis Benoît XVI déclare: "N'est-il pas surprenant que l'Europe d'aujourd'hui, tandis qu'elle vise à se présenter comme une communauté de valeurs, semble toujours plus souvent contester le fait qu'il existe des valeurs universelles et absolues? Cette forme singulière d'"apostasie" d'elle-même, avant même que de Dieu, ne la pousse-t-elle pas à douter de sa propre identité? De cette façon, on finit par répandre la conviction selon laquelle la "pondération des biens" est l'unique voie pour le discernement moral et que le bien commun est synonyme de compromis. En réalité, si le compromis peut constituer un équilibre légitime d'intérêts particuliers différents, il se transforme en mal commun chaque fois qu'il comporte des accords qui nuisent à la nature de l'homme." (Extrait du discours du 24 mars 2007, cf infra).

Textes des papes sur l'Europe.
- Discours du pape Benoît XVI aux participants au Congrès promu par la COMECE, le samedi 24 mars 2007:(...)


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