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Du blasphème à la balourdise en politique

Par le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny

Sait-on que le mot blasphème est composé d’une injure et d’une réputation ? Cette irrévérence vis-à-vis de la religion d’abord et de tout ordre établi ensuite, a toujours été sévèrement réprimée.


Saint-Louis ordonna que l’on perçât la langue aux blasphémateurs. Un peu plus de trois siècles plus tard, cette peine fut augmentée. Un arrêt du Parlement de Paris, en date du 27 janvier 1599 condamna un blasphémateur à faire amende honorable, à avoir la langue percée avec un fer chaud, les deux lèvres fendues, et à être banni à perpétuité. Il semblerait que le dernier condamné à cette peine fut un certain Jean Hudon, en 1709.


C’est que l’on ne badinait pas avec ce crime qui consiste à « avoir une pensée ou une parole injurieuse à Dieu ». Même les églises, lieu d’asile des criminels de toutes espèces, ne pouvaient accueillir ceux qui s’en étaient rendus coupables. L’abbé Marguet (1789-1869) était formel sur le sujet. Ce précieux ecclésiastique qui termina sa carrière comme vicaire général de Nancy et supérieur du grand séminaire du même diocèse, fit paraître en 1820, à Besançon chez Ant. Montarsolo, imprimeur-libraire, un Essai sur le blasphème.
Ce petit ouvrage de 144 pages, connut, en France, au moins neuf éditions en cinq ans. Il eut tellement de succès en Belgique qu’il y fut réimprimé six fois, en un an et demi. On fit même mieux, là-bas dans le plat pays : « la société catholique de Belgique décida pour propager plus rapidement ce petit livre, [qu’] il en serait distribué six exemplaires à chacun de ses membres ». Un rêve pour un auteur. Celui-ci fut béni plus encore, en apprenant la création d’une « association pour la répression du blasphème » ; mais fut déçu qu’en France « il n’y a[vait] pas de moyen de former encore un établissement de ce genre ». A notre connaissance, il ne vit jamais le jour.


L’abbé Marguet était aussi un moraliste, témoin cette sentence admirable : « Quand un regard suffit, contentez vous d'un regard. Quand un mot suffit, contentez vous d'un mot ». Rassurons-nous, il fut aussi l’auteur de plusieurs ouvrages qui prouvent sa piété. Il commença par composer un Traité de la sanctification du dimanche qui fut traduit en flamand ; en 1825, un(...)


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