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Développement social et développement économique, un lien nécessaire ?

par Jacques de Larosière

Jacques de Larosière, de l’Académie des sciences morales et politiques, gouverneur honoraire de la Banque de France, conseiller du Président de la banque BNP Paribas, propose d’élargir la réflexion sur le développement social, en allant au delà de l’économique et en insistant sur d’autres facteurs essentiels. Plus un résumé final en anglais.


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Jacques de Larosière reprend pour cette chronique "Finances et Société" sur Canal Académie, les propos introductifs qu'il a tenus en présidant une importante table ronde à l'occasion du 50 ème anniversaire de la Banque de Développement du Conseil de l'Europe (novembre 206).


Il est généralement admis que le développement social, dans l’acception la plus large du terme (celle qui inclut le capital humain et le développement des connaissances), est indissociable du développement économique.

Les travaux les plus récents insistent sur l’importance essentielle de l’éducation, de la recherche et de l’innovation comme facteurs de croissance.

Par conséquent, la question du lien entre développement social et développement économique ne soulève guère de difficultés de principe.

Mais il faut aller au-delà de ces généralités. Je centrerai mon propos sur quatre idées qui m’apparaissent essentielles.

1. L’Europe a trop cultivé le sous-emploi :

Regardons la croissance de l’Europe depuis la guerre et comparons-la à celle des Etats-Unis. On voit que l’Europe a rattrapé une grande partie de son retard par rapport aux Etats-Unis pendant les années d’après-guerre et jusqu’à la fin des années 70 (le PIB par habitant en Europe est passé de 40 % à 75 % du niveau américain). Ensuite, les choses se sont stabilisées. Mais depuis 1996, la croissance moyenne de l’Europe (PIB par habitant) accuse un retard annuel de 0,4 point de pourcentage par rapport aux Etats-Unis.

Le phénomène du « retard européen » est, certes, dû à de nombreux facteurs et je n’ai pas la prétention d’en donner une explication exhaustive.

Ce qui frappe, cependant, c’est que les Etats-Unis ont réussi à atteindre le plein emploi (4 à 5 % de chômage) alors que les taux de chômage en Europe sont, en général, deux fois plus élevés. Ce n’est pas la productivité par heure travaillée qui est en cause (l’Europe a, en ce domaine, de bons résultats), c’est le nombre d’heures travaillées qui est la clé du problème (nombre d’heures travaillées par capita : par rapport à un index 100 pour l’Union Européenne, les Etats-Unis se situent à 144).

Ce qui veut dire que le « modèle économico-social » européen a privilégié la productivité horaire et l’investissement de productivité par rapport à la mise au travail de personnes moins(...)


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