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La loi Toubon sur la langue française : quel bilan ?
avec Maître Jean-Claude Amboise, avocat des associations DLF, AFAL, AVDLF
Maître Jean-Claude Amboise, avocat à la cour, docteur en droit, est l’avocat des associations agréées ALF Avenir de la langue française, AFAL Association francophone d’amitié et de liaison et DLF Défense de la langue française, chargées de faire respecter la loi Toubon du 4 août 1994. Il dresse ici le bilan de son application.
La langue française ne s'incarne pas seulement dans des œuvres littéraires dont les Académies savent reconnaître toute la valeur. C'est aussi - et d'abord - la langue utilisée dans la vie courante, et de ce fait, si elle profite d'un certain nombre d'apports venus de l'usage, elle fait aussi l'objet de nombreuses atteintes. Une loi votée le 4 août 1994, dite loi Toubon, reconnaît le français comme langue de la République en vertu de la Constitution, (...) élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est, poursuit l'article 1er, la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des Etats constituant la francophonie.
Comment la loi Toubon est-elle appliquée ? Remplit-elle convenablement son objet ? Douze ans après son entrée en vigueur, Canal Académie fait le point avec l'un des rares spécialistes qui connaît à fond toutes les implications juridiques et judiciaires lié à la « maltraitance » infligée à notre langue.
Maître Jean-Claude Amboise* est l'avocat des trois associations agréées - Avenir de la langue française, l'Association francophone d'amitié et de liaison (Afal) et Défense de la langue française (Dlf). Celles-ci se donnent notamment pour mission de faire respecter cette législation le plus souvent possible. Elles sont autorisées à se porter parties civiles.
On surestime parfois l'efficacité de la loi. Pour Jean Dutourd, de l'Académie française, quand on éprouve le besoin de proclamer ce qui va de soi, c'est que justement, la chose ne va plus de soi. La loi Toubon, plutôt que de témoigner d'une langue française sûre d'elle-même en son propre pays, illustre au contraire la désaffection, voire le mépris, dont celle-ci est victime.
Tout notre environnement quotidien concerné
Dans cet entretien, Maître Amboise passe d'abord en revue les champs d'application de la loi du 4 août : qu'il s'agisse des modes d'emploi d'aspirateur ou de chaîne hi-fi, des mentions sur les paquets de cigarettes ou des indications de lavage des vêtements, des annonces dans les aéroports, de colloques scientifiques qui, sciemment, bannissent le français en France au profit du tout-anglais,(...)
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