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Des lettres chinoises à l’index !
Auteurs déguisés ou authentiques Chinois ? un mystère dévoilé par Bertrand Galimard Flavigny
Des lettres chinoises à l’index ! d’autres écrites par Voltaire sous pseudonyme ; d’autres encore rédigées par un vrai chinois mais inconnu : le bibliologue dans cette rubrique fait tout pour exciter notre curiosité.
Il y eut les turqueries qui firent le bonheur des auteurs de bouffonneries, puis les histoires de persans et encore les chinoiseries. Des prétextes destinés à décrire notre société sous couvert d'un monde lointain. Jean-Baptiste de Boyer d'Argens (1704-1771) composa ainsi des Lettres chinoises imprimées à La Haye part Paupie, de 1739 à 1742. L'ouvrage fut aussitôt mis à l'index, mais excita la curiosité de Frédéric I, alors prince héritier, qui invita l'auteur à le rejoindre à Berlin. C'est ce qui a laissé croire que ces « lettres » étaient de la main du roi de Prusse. Boyer aurait, en effet écrit au souverain : « Si vous voulez, Sire, me céder ces six « Lettres chinoises, je les troque contre dix volumes des « Lettres juives ». Boyer avait, en effet, déjà publié, en 1738, ses Lettres juives, en fait une correspondance philosophique, « historique et critique entre un juif voyageur et ses correspondans en divers endroits ». Elles seront suivies par les Lettres cabalistiques, en 1741. Montesquieu s'était imaginé être persan. D'Argens rêva d'être juif pour percer dans le microcosme des Muses.
Voltaire déguisé
Quelques années plus tard, en 1776, parurent, à Londres d'autres « Lettre chinoises » ; celles-là étaient encore « indiennes et tartares », et adressées « à Monsieur Pauw, par un Bénédictin ». Ce religieux, on ne s'en douterait pas, était Voltaire lui-même. Nous le savons grâce à un courrier adressé, le 6 mars 1776, à Charles-Auguste d'Argental et à une mention dans ses Mémoires Secrets. Publiées trois ans seulement avant la mort de l'écrivain, ces lettres se présentent sous la forme d'une conversation à bâtons rompus suivie de la rédaction d'une lettre fictive, évidemment argumentée. Elle s'ouvre sur une critique du poème de l'empereur Kien-Long, Eloge de Moukden, et est, en fait, une synthèse de la pensée de Voltaire sur la Chine et de l'influence des motifs orientaux dans la pensée philosophique de l'époque.
Enfin un véritable chinois !
Après ces lettres chinoises-là, nous en recevrons d'autres au cours du dix-neuvième siècle, mais, cette fois, réellement inspirées par(...)
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