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Pourvu que ça dure !

la chronique de Geneviève Guicheney

Geneviève Guicheney, alors qu’elle est en charge du Développement durable à France-Télévisions, a rédigé son habituel éditorial pour la revue Positions et Médias. Elle reprend ici son éditorial intitulé "Pourvu que ça dure !".


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La semaine nationale du développement durable 2006, du 29 mai au 4 juin, a connu un écho plus important que les trois précédentes. Est-ce à dire que l'idée fait son chemin ? Ou bien que l'inquiétude grandit ? Ou encore les deux à la fois : le développement durable comme modèle alternatif seul capable de sauver la planète ? « C'est à la mode ! », dit l'un en haussant les épaules. « C'est indispensable », répond l'autre résigné comme devant une fatalité. « On ne peut pas faire autrement », assure le troisième, plutôt décidé et pas encore désespéré. « L'humanité disparaîtra, bon débarras », écrit Yves Paccalet, tirant dans le titre de son dernier livre la conclusion d'un inventaire impitoyable et lucide de la dévastation de la planète par ses propres habitants.

Conclusion en forme de menace pour qui n'a pas réfléchi aux conséquences du développement frénétique qui nous conduit à notre perte certaine si nous ne faisons rien.

Il est faux de dire que nos concitoyens soient sourds et aveugles. Ils savent, ils sentent tout ce qui se passe. Ils sont inquiets. Mais ils ne sont pas prêts à, ni près de, changer leur mode de vie, croit-on. Voire. Faire quelque chose, oui, mais quoi ? N'est-il pas trop tard ? Peut-on enrayer le mouvement fatal qui voit l'humanité courir à sa perte comme le troupeau de bisons poussé par les chasseurs vers le bord de la falaise pour fuir le danger ?

Le compte-rendu quotidien de la vie du monde ne laisse pas d'inquiéter, au point que l'on finit par se demander si l'on ne fait pas exprès d'égrener à longueur de journaux télévisés une liste interminable qui ne semble cesser qu'avec le temps alloué à ce rendez-vous autrefois appelé grand-messe de l'information. Messe noire assurément où l'on peut à loisir se repaître jusqu'à la nausée des malheurs du monde.
Nous exagérons ? Non point, car la tendance est lourde et les téléspectateurs ne cessent de s'en plaindre. « Pourquoi dans les journaux il n'y a que les misères ? » demandait l'autre jour un collégien à un groupe de journalistes venus visiter un « collège de quartier difficile ». Un autre a conclu : « Vous remixez l'actualité », façon de dire qu'il ne reconnaissait rien de son quartier lorsque les caméras y avaient pénétré et qu'il voyait dans le journal du soir le portrait de son lieu de vie, de joies, de peines, d'apprentissage de la vie, son lieu d'humanité en somme.

Les informateurs ont un goût du malheur sélectif.

Tordons le cou une bonne fois à(...)


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