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Vivre autrement

la chronique de Geneviève Guicheney

Geneviève Guicheney, chargée du Développement durable à France-Télévisions, est l’éditorialiste de la revue Positions et Médias. Elle reprend ici son éditorial intitulé "Vivre autrement".


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« La France est malade ». Ceux qui, chaque jour, posent ce diagnostic, y ajoutent une analyse, et parfois des remèdes. Il en est d'étonnants pour dire : « C'est simple, il n'y a qu'à... ». Jour après jour chacun s'interroge, essaie de comprendre. Et n'y parvient pas, tant c'est illisible. Tout est illisible et chaotique. En effet, ça ne va pas. Toute une génération dans la rue, en désordre. Qu'est-ce qui l'a mise dans cet état de fureur ? Que dit-elle ?

On entend et lit, dans les manifestations, sur les banderoles, au cours de leurs interventions dans les médias, explications et revendications des jeunes gens et jeunes filles. Par là ils nous disent leur ressenti, leur vécu, leurs attentes. Ils ne veulent pas changer la société, ils veulent y entrer. Ils demandent du travail. En cela, ce n'est pas mai 68, évoqué régulièrement. Pas du tout. Rien n'est semblable. Sauf une chose peut-être. Comme celles d'aujourd'hui les jeunes générations d'alors n'ont connu que la paix.

A chaque génération par le passé a même fait remarquer un sociologue, des pères décidaient de la guerre, mais c'était les fils qui allaient au combat. Aujourd'hui ils ne leur trouvent pas d'emploi. Les parents des soixante-huitards eux avaient connu la guerre, pendant leur jeunesse à eux. Cela a considérablement modifié les mœurs. Les lendemains incertains ont bousculé bien des interdits. La menace permanente où ils se trouvaient ont mis leurs propres parents, eux-mêmes encore marqués, profondément, par la précédente guerre, celle de 14-18, bien en peine de leur interdire de transgresser les règles d'éducation que l'urgence de vivre rendaient déplacées, impossibles à imposer. Profiter de la vie avant qu'un bombardement ne vous l'ôte. Devenus parents à leur tour, ils ont eu par la suite une sorte d'obsession du bonheur, réparant à la fois leur propre jeunesse et celles de leurs parents. Ils ont inauguré une longue période de paix. Il y eut encore la guerre, on y était mêlé, ô combien, mais ailleurs. Ce qui ne veut pas dire que l'on n'en a point été marqué. Sans oublier que l'on n'a toujours pas soldé les comptes de la seconde guerre mondiale. Chaque génération a souhaité tourner la page. À force de les tourner trop vite, on finit par empiler des couches formant un terreau en partie empoisonné. Mais on peut se leurrer, les trente glorieuses, la reconstruction, la marche vers la mondialisation, tout a concouru à ce que l'on ne s'attarde pas aux interrogations(...)


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