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"Couleur du sang et de la vendange dans l’hymnographie arménienne", par Jean-Pierre Mahé de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Voir et concevoir la couleur en Asie

En arménien contemporain l’adjectif bosor « rouge écarlate » n’apparaît guère dans la conversation courante. C’est un terme exclusivement poétique. Jean-Pierre Mahé nous apprend que l’usage poétique de l’adjectif bosor, qu’on applique désormais à toutes sortes d’objets. est en lien avec la Passion, la Résurrection et l’Ascension du Christ, des éléments complètement oubliés. Certes, "bosor" désigne un rouge vif, couleur de sang et de vendange. Mais plus encore qu’une teinte précise, il reflète une visée sacrificielle. Ce n’est pas un pigment matériel, mais une couleur mythologique.


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Dans le cadre du Colloque « Voir et concevoir la couleur en Asie », organisé par l’Académie des inscriptions et belles-lettres en partenariat avec la Société asiatique et l’Inalco, l’Institut nationale des langues et civilisations orientales le 11 et le 12 janvier 2013, Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de l’intervention de Jean-Pierre Mahé, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.


Sa communication s’intitule : « Couleur du sang et de la vendange dans l’hymnographie arménienne ».


Extrait :


Dans la tradition arménienne, ce retournement exégétique qui entraîne le changement de sens de bosor, du toponyme à l’adjectif de couleur, n’est pas attesté avant la renaissance culturelle des IXe-Xe siècles. On s’attendrait en effet à rencontrer bosor (« rouge comme le sang ») dans la vision de saint Grégoire l’Illuminateur († vers 425), telle qu’elle est racontée vers 451 par l’historien Agathange. À l’emplacement du pressoir près duquel ont été martyrisées la vierge Hriփsimէ et ses quarante compagnes, l’Illuminateur voit apparaître les fondations des futures chapelles qui leur seront consacrées : « Ces socles étaient rouges, couleur de sang » (Agathange § 737). Puisque, dans ce contexte, « rouge » se dit karmir, qui est le nom générique de cette couleur, c’est que le terme spécialisé, bosor, n’existe pas encore.






Pour en savoir plus



- Jean-Pierre Mahé sur le site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
- Texte de la communication de Jean-Pierre Mahé : « Couleur du sang et de la vendange dans l’hymnographie arménienne »



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