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Tortue marine, dugong, iguane... : préserver la richesse de la biodiversité Outre-mer

Avec Eric Hansen, Délégué inter-régional Outre-mer à l’ONCFS
Près de 85% de la biodiversité de notre territoire nous vient de l’Outre-Mer. Et pour gérer l’immensité de cette richesse, seulement quelques personnes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage dont Eric Hansen délégué inter-régional Outre-Mer. De Mayotte à Saint-Pierre-et-Miquelon en passant par la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et l’île de la Réunion, le spécialiste nous invite à la découverte d’espèces menacées.


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Référence : ECL791
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/ecl791.mp3
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Date de mise en ligne : 20 janvier 2013

Première escale en Guyane en compagnie d’Éric Hansen, où son pôle est installé à Kourou. Forêt amazonienne oblige, « la Guyane dont la superficie est semblable au Portugal comporte plus d’espèces que toute l’Europe réunie ! ». L’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) s’est concentré sur des espèces emblématiques telles que le jaguar, les tortues marines ou encore le mérou géant. « Nous travaillons sur la biologie des espèces, leurs périodes de reproduction, leurs dynamiques de population, leurs densités ».
Le jaguar par exemple se retrouve en compétition avec l’homme. La démographie galopante grignote de plus en plus la forêt et les animaux domestiques deviennent peu à peu le repas de prédilection des félins. « Nous posons donc des cages pour les capturer et les relâcher plus loin » précise l’agent de l’ONCFS.

Les jaguars qui vivent trop près des habitations sont capturés et relâchés plus loin dans la forêt guyannaise.
Les jaguars qui vivent trop près des habitations sont capturés et relâchés plus loin dans la forêt guyannaise.
© ONCFS / Eric Hansen

Le mérou géant (qui peut peser jusqu’à 400 kg) est une autre particularité de la Guyane. Identifié par le Ministère de l’écologie comme espèce menacée, elle demeure cependant très présente au large des côtes du pays, protégée de la chasse par les eaux turbides. Le mérou géant reste une énigme pour les chercheurs qui l’étudient de près à l’ONCFS pour percer les secrets de ce poisson placide et curieux !

Le mérou géant au large de la Guyane est "protégé" de la chasse sous-marine par les eaux troubles.
Le mérou géant au large de la Guyane est "protégé" de la chasse sous-marine par les eaux troubles.
© ONCFS / Eric Hansen

Autre domaine de compétence important pour Éric Hansen et ses équipes en Guyane : la collaboration avec les douanes et la police pour enrayer les trafics : trafic d’orpaillage tout d’abord qui détruit la forêt et pollue les terres. Trafic d’animaux ensuite à destination de collectionneurs et de laboratoires. « Nous avons dernièrement interpellé un homme à l’aéroport qui avait introduit une quinzaine de colibris dans son caleçon avec des pipettes cousues à l’intérieur pour les nourrir... ! Quant aux grenouilles dendrobates, dont leur venin est un millier de fois plus fort que la cocaïne, elles font l’objet de trafic de la part de laboratoires... Nous avons également arrêté une personne qui avait entreposé dans sa valise des animaux à hauteur d’une valeur de 100 000 € ».

Démantèlement d'un trafic de dendrobates en Guyane.
Démantèlement d’un trafic de dendrobates en Guyane.
© ONCFS / Eric Hansen

Deuxième escale à l’Ile de la Réunion, un hot spot pour les végétaux mais un endémisme assez faible pour la faune, car comme le rappelle Éric Hansen « l’homme a été à l’origine de la disparition des espèces locales dès son arrivée sur l’Ile ». Notre invité gère également le médiatique débat de la place du requin au large de l’Ile. « Il y en a toujours eu, rappelle l’intéressé, mais il y a surtout de plus en plus de surfeurs... lesquels ne respectent pas forcément nos recommandations (il est déconseillé de surfer au crépuscule et lorsque les eaux sont troubles après de fortes pluies). Mais il faut savoir qu’il y a plus de décès suite à une piqûre de guêpe qu’à une attaque de requin... »

Après l’étude de la biologie des espèces et la lutte contre le trafic, sensibiliser aux impacts de la pollution constitue le troisième axe d’activité d’Éric Hansen. « Nous nous sommes regroupés pour cela avec l’Office national des eaux et des milieux aquatiques. Nous avons créé des services de police mixte de l’environnement, opérationnels en Guyane, en Martinique, à la Réunion, en Guadeloupe, et à Mayotte ». À Mayotte justement, troisième escale dans notre itinéraire, le retard dans le développement des infrastructures provoque de fortes pollutions marines dans le deuxième plus grand lagon fermé au monde, qui plus est très riche en biodiversité marine.

Fond marin de Mayotte, deuxième plus grand lagon fermé au monde.
Fond marin de Mayotte, deuxième plus grand lagon fermé au monde.
© ONCFS / Eric Hansen

« On ne recense par exemple plus qu’une dizaine de dugongs au large du lagon » ; des mammifères marins qui lorsqu’ils ne subissent pas la pollution de plein fouet, se noient dans les filets des pêcheurs.

On estime qu'il n'existe plus qu'une dizaine de Dugong au large de Mayotte.
On estime qu’il n’existe plus qu’une dizaine de Dugong au large de Mayotte.

Quant aux tortues marines également protégées, elles sont encore menacées par le braconnage tant pour la consommation de leurs œufs à Mayotte que pour la consommation de leur chaire en Guyane.

Tortue luth, espèce menacée classée sur la liste rouge de l'UICN.
Tortue luth, espèce menacée classée sur la liste rouge de l’UICN.
© ONCFS / Eric Hansen

Dans les Antilles (Guadeloupe, Martinique), la pollution est la conséquence d’une forte densité de population (400 habitants au km2). Les zones de forêts intactes sont devenues très limitées. Et l’utilisation du chlordécone, un pesticide utilisé pendant de nombreuses années dans la culture des bananes (aujourd’hui interdit), continue de provoquer des ravages sur les espèces animales locales.
En Guadeloupe, l’iguane délicat, rare espèce endémique, se retrouve en compétition avec l’introduction de l’immense iguane iguana d’Amérique du sud. L’ONCFS établit des prélèvements avec l’aide des chasseurs.

<i>Iguana delicatessima, </i> espèce menacée de l'Ile de la Réunion.
Iguana delicatessima, espèce menacée de l’Ile de la Réunion.
© ONCFS / Eric Hansen

Reste une dernière escale, plus fraîche pour terminer cette émission : Saint-Pierre-et-Miquelon. Sa forêt boréale et les vents glaçants qui balayent l’île auraient pu décourager plus d’une espèce de s’y installer. Il n’en est rien ! Saint-Pierre-et-Miquelon est le paradis des oiseaux, notamment du macareux moine et des pétrels. Seules quelques espèces invasives introduites par l’homme comme le cerf de Virginie et le lièvre font l’objet de prélèvements.

Poursuivez l’aventure à l’écoute de notre émission en compagnie d’Éric Hansen.



- Cette émission est coproduite par Canal Académie et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, ONCFS, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Établissement public.


En savoir plus :

- Visitez le site de l’ONCFS
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