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Les perdrix des plaines de France, des oiseaux pas si rares !

avec François Reitz, responsable scientifique du réseau Perdrix-Faisan à l’ONCFS
Grises ou rouges, les perdrix qui nichent dans nos plaines françaises font l’objet de recherches scientifiques de la part de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Après une forte baisse de leurs effectifs des mesures conservatoires ont été mises en place par les chasseurs en collaboration avec l’ONCFS. Aujourd’hui, les résultats portent leurs fruits. François Reitz, scientifique en charge du petit gibier de plaine à l’ONCFS, nous livre les résultats de leurs activités concernant les fameuses gallinacées !


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La plus connue d’entre toutes les perdrix est sans doute la Bartavelle, si chère à Marcel Pagnol dans La gloire de mon père. Pourtant, François Reitz ne travaille pas sur cette espèce de perdrix rouge qui comme il le rappelle, vit dans les Alpes.
Notre scientifique travaille uniquement à la compréhension des espèces vivant en plaines, ce qui n’est déjà pas si mal ! On estime en effet qu’il existe 800 000 couples de perdrix grises et 300 000 couples de perdrix rouges ; des espèces dont les effectifs stagnent aujourd’hui après avoir fortement régressé pendant toute la deuxième moitié du XXe siècle, « conséquence des modifications de leur habitat avec entre autres l’agrandissement des parcelles agricoles et l’exploitation de produits phytosanitaires. La perdrix grise vit dans les deux tiers nord de la France et la rouge dans les deux tiers sud. Il existe donc une parcelle du territoire où coexistent les deux espèces ».

Perdrix grise en hiver.
Perdrix grise en hiver.
© Philippe Massit / ONCFS

Des battues à blancs sont organisées chaque année dans les plaines du nord pour réaliser un comptage des perdrix grises. Les bénévoles sont alignés et rabattent les oiseaux sur plusieurs centaines d’hectares. En parallèle, des balises ont également été posées sur quelques centaines d’oiseaux pour permettre de connaître leur mortalité, leur reproduction et leur comportement. Les chercheurs en sont actuellement à l’analyse des données recueillies [1].

Perdrix grise
Perdrix grise
© Dominique Soyez / ONCFS

Pour les perdrix rouges, notamment lorsqu’elles séjournent dans la garrigue, c’est une autre paire de manche... : l’astuce consiste à faire chanter les mâles en réaction au chant d’autres mâles ! Pour cela, chercheurs et bénévoles parcourent des circuits en pleine nature avec l’enregistrement de coqs en attendant la réaction des intéressés.
Parallèlement à l’étude des effectifs, l’ONCFS travaille en collaboration avec les chasseurs à l’amélioration du milieu.

Pour la perdrix rouge par exemple, des céréales sont implantés sur des espaces en friche. Pour les perdrix grises en revanche, « on préserve les bords de champs où les gallinacés peuvent nicher ». Parallèlement, chaque fédération de chasse définit ses propres niveaux de prélèvement pour l’adapter à l’état des populations.

On trouve également la perdrix rouge sur les côtes de Bretagne.
On trouve également la perdrix rouge sur les côtes de Bretagne.
© Murzabov

Deux débats sont actuellement en cours concernant le maintien de la perdrix dans nos plaines :
- Faut-il alimenter artificiellement ces espèces, faut-il « agrainer » ? « Sur le plan purement biologique, cela pourrait être une bonne chose car les perdrix peuvent souffrir ponctuellement d’un manque d’alimentation. Mais tous les agrainages n’ont pas forcément donné de résultats probants. Tout dépend du contexte » répond François Reitz.
- Faut-il poursuivre les lâchers de perdrix d’élevage ? « Si nous avons contribué au développement de cette pratique dans les années 1960-70 par l’amélioration des techniques d’élevage, nous nous sommes rendu compte au fil des années que ce n’était pas forcément une bonne solution. Car les lâchers d’oiseaux d’élevage peuvent avoir un impact sur la préservation des populations sauvages ». Bien qu’ayant fortement régressé, la pratique reste tout de même encore de mise.

Ecoutez les explications détaillées de François Reitz au cours de cette émission en coproduction avec l’ONCFS.

François Reitz
François Reitz
© DR

François Reitz supervise la recherche sur la petite faune sauvage à l’ONCFS. Il est spécialisé sur les perdrix de plaine.



- Cette émission est coproduite par Canal Académie et l’ONCFS à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Etablissement public.


En savoir plus :

- Visitez le site de l’ONCFS
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