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Christian Dior (1905–1957)

Portrait proposé par Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques

Christian Dior, c’est 41 années d’une vie chaotique : une jeunesse dorée, nimbée de multiples rencontres artistiques, qui s’achève en 1931, avec la ruine de sa famille ; 15 années de galère, de maladie, de chagrins, mais aussi d’amis fidèles et de hasards bénéfiques. L’artiste termine son apprentissage auprès du dessinateur de mode Jean Ozenne, lequel vend ses premiers croquis, et des couturiers alors en vogue : Robert Piguet et Lucien Lelong. « Monsieur Dior », venu à la mode parce qu’il savait dessiner et rêvait d’être architecte, entre en Haute Couture grâce à une rencontre dorée, et parce qu’il a compris, en 1946 et à Paris « le nouvel air du temps ».


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L'immense Marcel Boussac – alors empereur de l'industrie cotonnière française – souhaite élargir les activités de son Groupe et lui donner un label de prestige : par des relations communes, les deux hommes se rencontrent, se plaisent, se font confiance : Christian Dior, 30 avenue Montaigne, naît ainsi, avec son décor blanc et « gris Dior ».

Au terme de dix années de crise, et cinq d'une guerre atroce, les femmes de France et d'Europe ont envie de vêtements neufs, de beauté, de nouveauté (peut-être pas encore de  luxe) : l'accès aux tweeds anglais, aux souples jerseys, aux soieries, aux mousselines d'Orient, aux brocards, aux velours, aux crêpes georgette, aux dentelles et satins, est de nouveau possible.


Dès sa première collection en 1947 Christian Dior dévoile des orgies de tissus, des jupes amples, des manteaux opulents, des vestes épaulées, de diaphanes robes du soir : le New Look est né avec les lignes Corolle et En Huit (8), car la femme de Christian Dior a une taille de guêpe. Arrive aussi le premier parfum « Miss Dior » et son emblématique arôme de muguet.
La femme Dior porte des tenues de jour douces, discrètes et raffinées, des robes du soir somptueuses dont les jupes s'étalent autour d'elle comme des fleurs. Dior se souvient des élégantes de son adolescence : les fanfreluches ne l’intéressent guère : il préfère allier le luxe des matières et la rigueur de la coupe. Suivent la « ligne trompe l’œil » en 1949, puis celle « Oblique » en 1950, celle « haricot vert », la ligne Y en 1955/56. Toujours à partir des quelque 200 à 300 croquis esquissés pour chaque collection avec toujours le désir d'embellir les femmes.


Mais Monsieur Dior, plus que « le bon faiseur » qu'il souhaitait être, invente davantage, il conquiert l'Amérique, avide aussi de nouveautés. L'Europe d'ailleurs est pleine de ses « sauveteurs », l'Aide Marshall contribuant à la remettre en route.
Christian Dior inaugure le règne des « acheteurs américains ». Son premier voyage à New York est un triomphe. Il transforme ainsi un artisanat de luxe en une véritable activité économique. Il sait bien s'entourer. Les commandes affluent. Des milliers de gens lui doivent leurs salaires.
Il magnifie ses mannequins : Sylvie, Victoire, deviennent des stars. Il s'appuie aussi sur la presse écrite où le Groupe Boussac est également puissant.



Christian Dior a été(...)


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