Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

La chasse et ses adeptes, du braconnier au grand prélat !

L’état de prêtrise autorise-t-il la chasse ? par Bertrand Galimard Flavigny

La chasse est ouverte, la campagne résonne de petits coups de tonnerre, les fanfares et les voix des meutes sonnent dans les sous-bois. Bertrand Galimard Flavigny évoque deux manières de chasser, l’une clandestine, l’autre bénite. Quand braconniers et hommes d’Eglise se croisent à la chasse...


Bookmark and Share

La chasse faillit ne plus avoir la cote, sauf dans les livres. En 1771 paraissait Les ruses du braconnage, mises à découvert par L. Labruyerre, garde de Monseigneur le comte de Clermont. Un chapitre y est consacré au furet que le dit Labruyerre appréciait particulièrement : « Ce n'est pas que ceux qui mordent soient mauvais, mais ils ne sont pas commodes pour un braconnier ». L'auteur décrit, avec un luxe de détails, l'animal et la manière de chasser le lapin avec lui. Il conseille aussi aux gardes de «se méfier à la fois des furets et des fureteurs» . Cet ancien soldat (né en 1723) savait de quoi il parlait, avant de devenir garde lui-même, il avait longtemps pratiqué le braconnage. Il fut pris deux fois. Sa première condamnation lui valut quarante-cinq mois d'emprisonnement à Bicêtre. Il en évita une seconde en consentant à livrer ses secrets. Monsieur de Louvigny, capitaine des chasses du comte de Clermont, petit-fils du Grand Condé, pensa qu'il avait sûrement un bon enseignement à tirer du personnage. Il dressa un questionnaire en dix-huit points qui devait permettre au braconnier de livrer ses ruses. Ce sont les réponses qui constituent le corps du livre.


Mais ce questionnaire ne figure pas dans l'édition originale de 1771. Un bibliophile, Jérôme Pichon, en découvrit au XIXe siècle, une copie du manuscrit complété par les mémoires également inédites de Labruyerre. L'histoire d'un braconnier vit ainsi le jour chez Techener, en 1844, imprimé à 124 exemplaires. Labruyerre qui savait lire et écrire - il connaissait Telemaque et Robinson Crusoë - aurait pu faire une belle carrière dans l'armée ; mais l'amour de la chasse était le plus fort. « Si j'avais un conseil à donner, mes sentiments seraient qu'un braconnier qui serait en état de servir Sa Majesté fût mis au service ou envoyé aux îles : au moins il serait de quelque utilité, au lieu que, dans Bicêtre, il perd son corps et son âme ».

Son âme ! Elle était protégée grâce à un chanoine qui l'avait chargé, lui le « prince des braconniers », de lui acheter un furet lorsqu'il irait à Paris. Quel dialogue aurait-il tenu, s'il avait croisé ce doyen de la cathédrale de la Valette et le prieur conventuel de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, autrement dit de Malte ? Ces dignes(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires