Qui n’a pas entendu le nom du génial Jean-François Champollion ? Tout à la fois : philologue, historien archéologue, connu comme le pionnier de l’égyptologie dont les travaux ont sorti du silence 3 millénaires d’histoire pharaonique. L’égyptologue Jean Leclant, Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres, nous présente l’illustre figure de Jean-François Champollion.
Jean-François Champollion (1790-1832) fut membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres.
Portrait de Léon Cogniet, 1831.
Jean-François Champollion est né le 23 décembre 1790 à Figeac dans le Lot. La Révolution française ayant fermé les anciens collèges provinciaux, l’enfant fut confié, pour son apprentissage, comme l’avait été son frère aîné Jacques-Joseph, à un moine de l’abbaye supprimée de Figeac, Dom Calmet. Celui-ci s’étonna des facultés précoces de son élève. A treize ans, Jean-François savait tout ce que son maître pouvait lui apprendre. Enfant prodige, ses jeux se faisaient en hébreux ou en grec, en arabe ou en syriaque. Il poursuivit ses études à Grenoble sous la bienveillance de son frère Jacques-Joseph avec lequel il entretenait un lien quasi gémellaire.
Familier, dès sa jeunesse, de l’Académie de province de Grenoble, de l’Institut de France, de l’école des langues orientales, de l’université impériale, naissantes, il peut, en 1812, lire du copte dont il comprit très tôt que résidait là, la clef de l’écriture des hiéroglyphes. A 19 ans, il est professeur à l’université de Grenoble. Dès 1821, il est convaincu de l’unité du système graphique égyptien et pense que les trois écritures hiéroglyphique, hiératique et démotique dérivent l’une de l’autre et dans cet ordre. Il choisit de vérifier ses intuitions sur les noms de Ptolémée et de Cléopâtre. Il sut utiliser les monuments mêmes et la pierre de Rosette, et comprit que certains hiéroglyphes avaient une valeur phonétique. La pierre de Rosette est un fragment de stèle , découverte dans le village égyptien de Raïchid en juillet 1799 durant la campagne l’Expédition d’Egypte. Elle fut remise aux Britanniques lors de la capitulation en 1801 mais dès 1800, une reproduction fut envoyée en France. Jean-François Champollion n’a jamais travaillé sur l’original.
La pierre de Rosette fut découverte en 1799, durant la campagne de Napoléon en Egypte par un jeune officier du génie, Pierre-François-Xavier Bouchard.
Dimensions :114,4 cm x 72,3 cm x 27,9 cm .
Le 27 septembre 1822, il expose, ses découvertes devant l’Académie des inscriptions et belles-lettres dans un texte, resté célèbre, La lettre à M. Dacier. Il pensait que l’écriture phonétique existait en Egypte, à une époque très reculée, et qu’elle était une partie de l’écriture idéographique. Dès 1823, les sommités de l’orientalisme français lui rendirent hommage pour la découverte de l’alphabet hiéroglyphique.
Ses premiers pas en Egypte en 1828 marquèrent un tournant dans sa vie. Il défendit la valeur artistique et l’historicité de l’Egypte ancienne contre l’Eglise et une partie du monde savant.
Jean Leclant, Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres
Il confèra à l’étude des antiquités égyptiennes un statut scientifique et ouvre au Louvre un département d’égyptologie en 1827. A son retour d’une expédition en Egypte durant laquelle il remonta la vallée du Nil jusqu’à Abou Simbel, il collecta une somme immense de notes et de dessins. Il fut nommé professeur au Collège de France où fut créée, pour lui, la chaire d’archéologie égyptienne.
Il mourut d’épuisement et de maladie à Paris en mars 1832, à peine âgé de 42 ans.
On lui doit le projet de faire transporter à Paris l’obélisque de Louxor. Son frère Jacques-Joseph Champollion put achever le projet de son frère défunt, un an après la mort de Champollion.
Quelques œuvres de Jean-François Champollion :
L’Egypte sous les pharaons ou recherches sur la géographie, la religion, la langue, les écritures et l’histoire de l’Egypte avant l’invasion de Cambyse. Description géographique, Grenoble, 1811.
Dictionnaire copte
Lettre à monsieur Dacier, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles- lettres, relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les Egyptiens pour inscrire sur leurs monuments les titres, les noms, et les surnoms des souverains grecs et romains, Paris Firmin-Didot, 1822, 52 pages et 4 pl.
Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens, ou recherche sur les éléments premiers de cette écriture sacrée, sur les diverses combinaisons et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes, 1824, réédité en 1828.
Lettres à M. le duc de Blancas d’Aulps, premier gentilhomme de la chambre, pair de France, relative au Musée royal égyptien de Turin, 1824, 1826.
Catalogue raisonné de plusieurs stèles précieuses. Du musée de Genève, 1826.
Lettres de Champollion le Jeune, écrites pendant son voyage en Egypte en 1828 et 1829.
En savoir plus
Jean Leclant, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Hervé Champollion et Diane Harlé, L’Egypte de Jean-François Champollion par Jean-François Champollion, Editon de Lodi, 2001.
L’Egypte : lettres et journaux du voyage 1828-1829, Edition de Lodi, 2005.
Champollion, Grammaire égyptienne, coédition Actes Sud-Solin, 1997.
Michel Dewachter, L’Egypte, Bonaparte et Champollion, Editeur Musée Champollion, 1991.
Michel Dewachter, Champollion, un scribe pour l’Egypte, Découvertes Gallimard, 1993.
Michel Dewachter et Alain Fouchard, L’égyptologie et les Champollion, Recueil d’études, PUG, 1994.
Alain Faure, le savant déchiffré, Fayard, 2004.
Jean Leclant, Aux sources de l’Egyptologie européenne : Champollion, Young, Rosellini, Lepsius, Institut, 1991.
Jean Leclant, Champollion, la pierre de Rosette et le déchiffrement des hiéroglyphes, Institut, 1992.
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Site Internet du musée Champollion à Figeac