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Dans Les allusions historiques :
« Foot UEFA : Auxerrois, tirez les premiers ! », s’exclame un journaliste sportif... Ainsi annonce-t-on encore, avec une pointe d’humour, un affrontement qui ne fait pas oublier la plus élémentaire des courtoisies.
L’expression remonte à la bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745, et les circonstances dans lesquelles elle fut prononcée ont été rapportées par Voltaire dans son Précis du siècle de Louis XV. Elles sont corroborées par les acteurs du temps, mais la version de Voltaire a été quelque peu enjolivée. Quant à son interprétation, c’est une autre histoire.
La bataille de Fontenoy se situe durant la guerre des Flandres, sous Louis XV. La victoire remportée par le maréchal de Saxe, commandant les troupes françaises et irlandaises, sera décisive. Lorsque son armée rencontre les troupes anglaises et hollandaises, le Comte d’Anterroches et le capitaine Charles Hay procèdent aux salutations d’usage.
Le capitaine Hay a donné sa version à son frère dans une lettre écrite trois semaines après la bataille. Il aurait bu à la santé des Français et plaisanté sur leur récente défaite. Du côté français, les témoignages sont plus tardifs : le marquis de Valfons, lieutenant général des armées du roi, rapporte un dialogue hélas publié en 1860 par son petit-neveu, et sans doute influencé par la version romanesque de Voltaire, publiée en 1768. Lord Hay se serait avancé vers les troupes française et leur aurait proposé d’ouvrir le feu. Anterroches aurait rétorqué : « Non, Monsieur, nous ne tirons jamais les premiers » ou, dans la version de Voltaire : « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers : tirez vous-mêmes ! »
Les Anglais ont donc ouvert le feu et massacré les premières lignes françaises, mais ils ont été pris en tenaille par les troupes du maréchal de Saxe. Belle exemple de la courtoisie française, à laquelle la perspective de la mort ne peut faire renoncer.
En fait, il reflète une tactique exprimée par le maréchal de Saxe lui-même dans des notes prises en 1732 pour ses Rêveries : un bataillon « qui s’est amusé à tirer » sera désavantagé par rapport à celui « qui a conservé son feu ». Le temps pris pour recharger les armes et pour laisser se dissiper la fumée peut en effet être mis à profit pour(...)
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