Pierre Schoendoerffer est un cinéaste mythique : de la 317ème Section à L’Honneur d’un Capitaine, son chef d’oeuvre reste Le Crabe Tambour, qui avait été tiré d’un de ses propres livres couronné par le Grand Prix de l’Académie française.
S’il siège depuis 1988 à l’Académie des beaux-arts, pour le Cinéma, Pierre Schoendoerffer –dont le nom d’origine alsacienne signifie « le beau villageois » - est aussi un écrivain talentueux, dont un autre ouvrage, L’Adieu au Roi, fut porté à l’écran par John Milius.
Ses inspirateurs sont d’ailleurs Kessel, Conrad, Kipling, mais aussi, depuis 51 ans, sa femme, grande journaliste elle-même, Pat Chauvel, « [son] amour, [son] compagnon », comme il l’a inscrit sur la lame de son sabre d’académicien.
Pierre Schoendoerffer, de l’Académie des beaux-arts
Copyright Louis Monier
Il raconte comment, voilà quelques semaines il se trouvait encore en Afghanistan invité par le 1er Régiment Parachutiste dont il est 1ère Classe d’honneur ; il nous parle avec émotion de cette visite sur le terrain, un demi-siècle après avoir découvert le pays aux côtés de Joseph Kessel (lui-même élu à l’Académie française en 1962), de sa rencontre avec le directeur du musée de Kaboul qui a rassemblé le puzzle des miettes laissées par les talibans après la destruction des œuvres, allumant « dans la nuit qui était préparée, la bougie du passé ».
« Alsacien de la France de l’intérieur », né à Chamalières car son père (né, lui, à Besançon) travaillait alors chez Michelin, il rend hommage aux écrivains qui donné un coup de pouce au cours de sa vie : « Aucun autre art n’a infléchi ma vie – seulement la littérature ». Marin d’abord sur un vaisseau suédois, pour avoir lu « L’Ile au Trésor » et les livres de Jack London, il réfléchit par une nuit tranquille à son destin, à son envie de renvoyer un écho de ce qu’il vit et décide de devenir cinéaste. Mais « le cinéma, c’est le château de Kafka : pour pouvoir y entrer, il faut être dedans ». Il postule alors à la place d’un cameraman aux Armées, qui vient de mourir, et devient le grand témoin des guerres d’après guerre. La suite, on a pu la lire, on a pu la voir. On peut désormais l’écouter.
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Pierre Schoendoerffer, membre de l’Académie des beaux-arts