Si George Sand ne fut jamais membre d’une académie, Alfred de Musset, en revanche, fut élu à l’Académie française en 1852, cinq ans avant sa mort. Sa carrière était derrière lui et son inspiration éteinte. Leur passion l’était également, ce qui n’empêche pas George Sand d’écrire l’une des plus belles lettres d’amour qui soit...
Aurore Dupin, dite George Sand, bouscula les conventions sociales de son époque par ses passions successives, dont la plus célèbre demeure celle qu’elle éprouva pour Alfred de Musset.
Lorsqu’il avait remporté son premier grand succès, il avait 23 ans. Il venait de publier Rolla, un drame d’amour qui raconte l’histoire d’un jeune homme, cœur noble mais naïf, qui, devenu le plus grand débauché de Paris, sera sauvé, à la dernière minute par la pureté et l’amour de Marion.
La même année que Rolla, en 1833, Musset publiera aussi Les Caprices de Marianne.
Et surtout, cette année-là, il rencontre George Sand et tous deux s’enflamment de passion !
Après un séjour idyllique à Fontainebleau, les deux amants partent pour l’Italie.
Mais à Venise, en février 1834, Musset tombe gravement malade. George le soigne comme une mère, et elle le trompe avec le médecin Pagello. Musset est au désespoir. Leur passion s’effrite. Ce qui n’empêche pas qu’ils continuent à s’écrire.
George Sand reste attentive à la santé de son ancien amant et lui conserve une tendresse certaine, vous allez en juger.
Alors qu’il se repose à Genève, elle répond à l’une de ses lettres.
J’étais au désespoir. Enfin j’ai reçu ta lettre de Genève. Oh ! que je t’en remercie mon enfant ! Qu’elle est bonne et qu’elle m’a fait de bien. Est-ce bien vrai que tu n’es pas malade, que tu es fort, que tu ne souffres pas ? Je crains touours que par affection, tu ne m’exagères cette bonne santé. Oh ! que dieu te la donne et te la conserve ! mon cher petit. Cela est aussi nécessaire à ma vie désormais que ton amitié. Sans l’une ou sans l’autre, je ne puis pas espérer un seul beau jour pour moi. Ne crois pas, ne crois pas, Alfred, que je puisse être heureuse avec la pensée d’avoir perdu ton coeur. Que j’aie été ta maîtresse ou ta mère, peu importe. Que je t’aie inspiré de l’amour ou de l’amitié ; que j’aie été heureuse ou malheureuse avec toi, tout cela ne change rien à l’état de mon âme à présent. Je sais que je t’aime et c’est tout...
Ecoutez la suite de cette lettre magnifique. On ne se moquera pas de cet amour hors du commun, capable de prendre de multiples visages !
Le comédien Fernand Guiot a prêté sa voix à George Sand pour cette lecture.
En savoir plus sur Alfred de Musset :
http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html
A lire :
Savez vous que les Editions de l’arbre d’or (spécialisée dans l’ésotérisme) ont republié un ouvrage oublié de George Sand : SPIRIDION. En voici les références : Collection Romans, 167 pages – 1.1 Mo – 14.50 CHF / 9 €
Derrière les vieux murs de ce couvent, protégée par des souterrains effrayants, une tombe contient un manuscrit précieux, œuvre de l’abbé fondateur, dont le spectre semble hanter l’abbaye et visiter ses protégés…