Après le supplice de Rouen, le 30 mai 1431, le procès de condamnation de Jeanne d’Arc fut révisé pour cause de nullité. Rappelant que le corpus des documents contemporains sur Jeanne d’Arc parvenus jusqu’à nous est impressionnant, Philippe Contamine s’attache ici aux actes de ce second procès, celui dit de justification, de réhabilitation, ou de nullité de la condamnation (1455-1456). Eclairage sur un procès complexe.
Philippe Contamine, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Vingt-cinq ans après le supplice de Rouen - 30 mai 1431 -, le procès de Jeanne d’Arc est rouvert, à l’initiative de sa mère, Isabelle Romée, et de ses frères, Pierre et Jean, qui en appellent au pape Calixte III. Mais, aussi, parce que la situation politique a changé, un procès « pour cause de nullité » réhabilite la réputation de Jeanne. Le roi de France Charles VII ne pouvait admettre devoir son trône à une « hérétique et relapse ».
Philippe Contamine explique ici le rôle joué par l’Université de Paris, dont l’évêque Cauchon avait été l’un des recteurs. L’instruction du procès fut confiée à Jéhan Bréhal, Grand Inquisiteur de la foi en France, qui interrogea soigneusement tous les témoins, ceux de l’enfance de Jeanne et ceux de son premier procès.
Philippe Contamine souligne combien cette « repentance » (pour utiliser une expression actuelle) de l’Église est tout à fait exceptionnelle.
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