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La grammaire et Racine

la rubrique de bibliophilie de Bertrand Galimard Flavigny

Les tragédies de Racine.


Deux tragédies de Racine, au moins, débutent par "oui" : Iphigénie et Athalie. C'était une devinette de potache de les connaître. Nous pourrions poursuivre ce jeu, en demandant autour de soi, le titre du premier ouvrage dramatique de Jean Racine, dont je voous rappelle les dates au passage : 1639-1699. Il s'agitde "La Thébaïde" ou les "Frères ennemis". Elle fut représentée pour la première fois chez Molière au Petit-Bourbon, le 20 juin 1664. Tous les personnages, aucours de la pièce, sans exception sont tués, se tueent ou meurent de douleur. Cette tragédie en cinq actes et en vers, composée, à la manière d'Etéocle et Polynice, les tragédies de Corneille, était directement inspirée de l'"Antigone" de Jean Rotrou (1609-1650). Nous le savons, gräce à Racine lui-même, qui l'indique dans sa préface. Cette Antigoneaurait connu un échec retentissant; en fait Racine et Boileau s'acharnèrent à nuire à la réputation; en fait Racine et Boileau s'acharnèrent à nuire à la réputation de ce malheureux auteur durant trente ans. Celui-ci, considéré comme précurseur de Corneillen composa trente-cinq pièces dont vingt-deux furent imprimées.


Mais revenons à Racine. l'abbé pierre-Joseph Thouilier dOlivet (1632-1768), un jésuite, qui n'avait jamais et pour cause, rencontré Racine, car il était né trop tard, se mit en tête de juger la grammaire du tragédien, notamment à partir de cette Thébaïde. Il publia donc un premier ouvrage "Remarques de grammaire sur Racine" (à Paris chez Gandouin, 1738). Comment ! attaquer le grand tragédien classique !
Un certain Jean Soubeiran de Scopon (1699-1751), répliqua à l'importun avec des "Observations critiques à l'occasion des Remarques sur Racine" de Monsieur l'abbé d'Olivet (à Paris chez Pralt, 1738). Cet auteur sur lequel nous ne savons pas grand-chose, sinon qu'il était avocat à Toulouse et membre de l'Académie des jeux Floraux, et qu'il a fondé l'églantine d'or, une distinction de cette académie, devait publier aussi des "Considérations sur le génie et les moeurs de ce siècle", édité par Durand & Pissot en 1749.
Je vais vous donner le sommaire afin de vous montrer l'étendue de ces considérations :
-* Réflexions sur la nature
-** De l'esprit de la société.
-** De la douceur.
-* Réflexions morales
-** De quelques travers.
-** Des femmes.
-** De m'amitié.
-** De la modestie.
-** De la modération dans les plaisirs.
-* Réflexions critiques
-** De l'envie.
-** De la noblesse.
-** Pensées philosophiques.
-** De(...)


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