Première édition de la Princesse de Clèves en 1678 : l’auteur reste anonyme. « Quelque approbation qu’ait eue cette Histoire dans les lectures qu’on en a faites, l’auteur n’a pu se résoudre à se déclarer ; il a craint que son nom ne diminuât le succès de son livre.
La Princesse est-il un roman historique ? Un roman psychologique ? En quoi s’agit-il d’un genre littéraire nouveau ?
Extraits de la chronique :
« Il s’agit de l’irruption dans notre littérature de la passion à l’état pur. Celle qui coupe le souffle, celle qui noue la gorge, celle qui envahit l’esprit, qui torture le cœur et qui fait basculer une vie en quelques instants, capable de tout balayer sur son passage, famille, amitié, statut social. Et à laquelle il n’est pas de remède. [...]
L’écriture est magnifique. Bien sûr elle peut déconcerter un lecteur d’aujourd’hui, habituer à une littérature fortement colorée, à base de sensations, d’impressions, de violence aussi et d’impudeur. Rien de tel ici. Le grand style du grand siècle. Une écriture imperceptiblement hautaine qui dit tout en peu de mots et pratique l’art de la litote avec une maîtrise absolue. Bref un style qui permet à la mécanique des passions d’apparaître à nu, dans toute sa cruauté déchirante. C’est très beau. »
Jean Mauduit
Jean Mauduit est journaliste, écrivain, docteur ès lettres, ancien secrétaire général adjoint de France Soir, ancien secrétaire général de Elle. Il a longtemps produit des émissions d’Histoire à la télévision, puis occupé des responsabilités aux éditions Hachette. Il est aujourd’hui consultant à Médiamétrie.
Sur Canal Académie, Jean Mauduit tient une chronique sur les femmes écrivains.
Bibliographie :
La Révolte des femmes, 1971
La Grande Aventure du travail féminin, 1974
la France contre la France, 1984, couronné par l’Académie Française
Pour l’amour de Mazarin, 2000
Les Fantômes de Newburry, 2003
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