L’historien Jacques Paviot à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 12 juin 2009
© Piero d’Houin
Le mot croisade apparaît à la fin du XIIIe siècle dans les langues européennes, même s’il est déjà connu en castillan. Il fait son apparition en latin vers 1380 et en français en 1475. À l’époque nul besoin de le définir, on parlait de « saint voyage » et de « saint passage ». Il était synonyme de libération et de reconquête des Lieux saints et dans une tendance plus universelle, de prédication. Ainsi l’héritage de la Terre sainte fut une notion clef chez les chroniqueurs du Moyen Âge dès 1290 chez Fidence de Padoue. Au XIIIe siècle, les ordres mendiants reçurent pour tâche de prêcher la croisade. Dans les textes qui nous sont parvenus de Raymond Lulle, de Philippe de Mézières, du grand maître de l’Hôpital Foulque de Villaret, de Fidence de Padoue ou encore de Jean Germain, l’historien Jacques Paviot nous parle de la théorie de deux glaives, de la réaction aux injures, du thème du sang versé par la Christ et par les Sarrazins, de la prophétie et des justifications de la croisade données par ces différents auteurs. Jacques Paviot pense qu’en effet, qu’à cette époque on ne pensait pas la croisade comme une guerre sainte, sources à l’appui. Seul Fidence de Padoue s’est intéressé à la nature de la guerre qu’il fallait mener.
Jacques Paviot rappelle que le grand penseur musulman Ibn Khaldun, dans la Muqqadina, pensait que la guerre sainte n’est pas une institution religieuse chez les chrétiens car le but du christianisme n’est pas la domination universelle. « La croisade à la fin du Moyen Âge est donc conçue seulement comme formelle, ce qui lui permit, après la chute des États latins d’Orient, de se perpétuer dans les siècles futurs ».
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Académie des inscriptions et belles-lettres
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